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Un restaurateur français dans le collimateur du fisc anglais

La rédaction de Néorestauration

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Alain Lhermitte, patron de Mon Plaisir, le plus ancien restaurant français de Londres, est, depuis trois ans, en litige avec les inspecteurs du fisc britannique, qui lui réclame un important arriéré d'impôts.
«Dire que je me suis installé en Grande-Bretagne il y a quarante ans car je pensais que le statut de commerçant y était plus favorable qu'en France... Jamais je n'aurais pensé être confronté aux problèmes que je rencontre aujourd'hui ! », confie le chef français.

Tout débute voici trois ans, lorsque les inspecteurs du fisc effectuent un redressement fiscal sur le restaurant, qui aurait pour origine une gestion incorrecte du « tronc» regroupant les produits de services et pourboires alloués au personnel.

En effet, en Grande-Bretagne, les prix ne sont pas affichés toutes taxes comprises et les restaurateurs ont la latitude de présenter les prix service compris ou encore service non compris ou encore d'effectuer un mix entre ces deux options.

Dans l'hypothèse où le restaurant affiche des prix service compris, la direction verse, dans ce que l'on appelle « le tronc», le produit des services et pourboires, qui est ensuite réparti entre le personnel. L'Etat prélève alors 23 % de charges sociales sur le montant global de cette «cagnotte». En l'absence de tronc, le fisc britannique prélève une taxe sociale s'élevant à 11 % du chiffre d'affaires réalisé.

Aujourd'hui, le fisc britannique estime que le tronc du restaurant Mon Plaisir n'a pas été correctement géré, en dépit du versement régulier des taxes sociales, car Philippe Lhermitte, le fils d'Alain, avait été désigné comme responsable du tronc. Or, le « maître du tronc» doit être un tiers par rapport au patron des lieux. « Seulement voilà, lorsque nous avons adressé un courrier en 1998 aux services fiscaux, précisant que mon fils Philippe s'occupait du tronc, elle a approuvé la situation par écrit », souligne Alain, qui ne comprend pas la position de l'administration. «Nous n'avons jamais essayé de frauder et nous avons acquitté nos taxes comme le prévoit la loi ».

Alain Lhermitte ne désespère pas de trouver un compromis car, s'il devait acquitter le total du redressement (environ 600 000 €), il serait obligé de mettre la clé sous la porte.
Il n'est d'ailleurs pas le seul à avoir eu des démêlés avec l'administration fiscale. David Moore, propriétaire du Pierre à Terre, 2 macarons au Guide rouge Michelin, a dû payer une amende de 283 000 € pour gestion incorrecte du tronc. « Le comptable avait commis une erreur mineure sans commune mesure avec les pénalités réclamées », précise David Moore. Et d'ajouter que le montant initial du redressement l'aurait contraint à fermer boutique mais qu'il est, heureusement, parvenu à transiger.
Décidément, les restaurateurs londoniens ne sont plus à la fête. Pénalisés par la baisse du tourisme et par le droit de péage mis en place par la municipalité, ils se retrouvent, de surcroît, dans la ligne de mire des services fiscaux.
pcecconello@neorestauration.com

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