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UN MOMENT DESACRALISE

Jean-François Vuillerme

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UN MOMENT DESACRALISE

4,6 E Montant de la dépense moyenne d'un actif pour un repas pris au restaurant d'entreprise. Par comparaison, le ticket moyen en restauration commerciale s'élève à 8,20 E.

© PHOTO STÉPHANE ZAUBITZER

Les Français actifs sont pressés : ils veulent manger vite, bon et équilibré et veillent à leurs dépenses. A cet égard, le restaurant d'entreprise a un atout maître : on y mange toujours un repas complet pour un prix imbattable.

En s'accordant 35 minutes en moyenne pour déjeuner les jours de semaine, les actifs ne s'attardent pas à table ! Et si ladite table est celle du bureau, la pause repas se réduit alors à 29 minutes, consacrées chez la majorité des actifs (52 %) déjeunant ainsi à ne consommer qu'un plat unique ou accompagné d'un fromage ou dessert. C'est en restauration commerciale que les actifs et, en particulier, les hommes, prennent, par comparaison, le plus de temps : 38 minutes, contre 34,5 en restauration d'entreprise. Et plus ils dépensent pour le déjeuner, plus ils s'y « attardent ». Ainsi déjeunent-ils en moyenne 48 minutes dans un restaurant classique, contre 28 dans une sandwicherie et 27 dans un fast-food de hamburger.

Le phénomène reste toutefois limité : 8 % des actifs prennent plus d'une heure pour déjeuner, contre 11 % de ceux fréquentant surtout la restauration commerciale, et 5 % celle d'entreprise. A l'autre extrémité, plus d'un actif sur deux (51 %) déjeune en moins de 30 minutes. Et ils sont même 25 % à se borner à moins de 20 minutes.

Pas de dépenses excessives

Cette séquence limitée réservée à la pause déjeuner est liée à la manière dont les actifs gèrent les nouvelles organisations du temps de travail (RTT, travail à temps partiel, etc.) et leur corollaire (hausse de la charge de travail et de la productivité). Elle résulte aussi de l'évolution du statut qu'ils accordent au déjeuner, sans doute désacralisé à leurs yeux.

Avec une dépense moyenne de 5,8 E pour le déjeuner, les actifs « font attention ». Un ticket moyen bien en dessous de celui qu'ils paient pour leur restauration de loisirs. Cette moyenne, théorique, cache en réalité de grandes disparités. En restauration d'entreprise, le TM ne s'élève qu'à à 4,60 Epour les actifs y déjeunant souvent. Et 78 % d'entre eux y dépensent moins de 6 E. A l'inverse, 27 % de ceux qui fréquentent plus la restauration commerciale paient moins de 6 E. Quant à son TM, il s'élève à 8,2 E, avec une pointe à 9,5 E au restaurant traditionnel et à 9,7 E en café-brasserie.

Sur le prix, le restaurant d'entreprise apparaît imbattable. Les actifs y dépensent moins que dans les sandwicheries ou les restaurants « rapides » (6,3 E environ). Deux raisons expliquent l'écart considérable de ticket moyen (78 %) entre restaurations commerciale et d'entreprise : la différence de taux de TVA (19,6 % dans un cas, 5,5 % dans l'autre) et de taux de subvention. Le repas d'un salarié pris au restaurant d'entreprise est sensiblement plus subventionné qu'un repas acheté à l'extérieur avec un titre restaurant ouvrant droit à des allégements de charges sociales et fiscales. En restauration d'entreprise, on estime à environ 10 E le coût de revient d'un repas. Le salarié n'en supporte donc que 45 %, part correspondant surtout à la valeur facturée des denrées.

Aucun doute, les animations et les repas à thème organisés dans les restaurants d'entreprise attirent tout particulièrement les actifs qui ne les fréquentent même que de temps à autres : 21 % y déjeunent systématiquement à ces occasions. Le taux passant à 28 % parmi ceux qui les fréquentent le plus souvent. A contrario, seulement 3 % fuient ces types de déjeuners. Mais 21 % de ces mêmes habitués de la restauration d'entreprise (et 23 % des occasionnels) assurent qu'il n'y a jamais d'animation dans leur restauration d'entreprise. Est-ce la réalité, ou bien ne sont-ils pas informés de cet événement ? En tout cas, les restaurateurs peuvent y voir un potentiel de clientèle supplémentaire.

C'est d'abord et toujours le goût qui détermine le choix des aliments. Et le constat est vrai quel que soit le lieu. Ainsi est-il l'élément le plus cité par les actifs (et par les hommes) fréquentant surtout la restauration commerciale (48 %) et collective (43 %). Mais ce critère n'est[…]

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