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Tasses et machines à café se libèrent de la tradition

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Tasses et machines à café se libèrent de la tradition

Red retro style coffee machine

© George Dolgikh - Fotolia

L'univers du café est traditionnellement marqué par le métal pour les machines et par la porcelaine blanche pour les tasses et soucoupes. Mais les codes sont en train d'évoluer...

Qui dit machine à café dit métal. Et métal chromé, le plus souvent. Le chrome reste très présent sur les grandes machines de brasserie : un parti pris qui rappelle certaines valeurs de tradition, de solidité, de durabilité. Comme l'explique Anne Boutin, responsable marketing chez Illycafé, « l'acier et l'inox offrent une qualité perçue comme importante. Il n'y a pas vraiment de raison de faire des machines colorées pour l'univers professionnel, où la seule couleur est bien souvent le noir, à la différence d'ailleurs des machines domestiques, que nous déclinons dans divers coloris ». Même son de cloche du côté de Malongo, où Delphine Brudoux, responsable marketing, confirme : « De longue date, nous avons eu la volonté de travailler sur des lignes noir et blanc pour nos machines, qui doivent véhiculer des valeurs de longévité, et qui se conçoivent comme des objets que l'on garde. C'est pourquoi la plupart de nos machines ne présentent pas de couleurs particulières. Nous privilégions l'inox, qui est garant de solidité et qui s'intègre parfaitement dans les cuisines où cet élément est déjà omniprésent. » Dans cet univers métallique, certains fabricants misent néanmoins sur la couleur pour offrir une différenciation, en permettant à leurs clients de personnaliser leur machine. Comme Unic, qui, bien que privilégiant également la qualité des matériaux en utilisant abondamment le chrome, offre de multiples variantes pour personnaliser les machines à café. « On peut mettre en avant la couleur sur la carrosserie ou sur les bandeaux personnalisés, en haut des machines. Depuis quelques années, la couleur est également très présente par le biais des leds disposées sur la machine et de son éclairage en général. Historiquement, Unic, avec sa machine à fort débit, la Stella di Caffè, conçue en partenariat avec la Cimbali, propose un bandeau lumineux sur lequel le client peut faire varier la couleur. Ceci rend la machine attractive et offre - ce n'est pas négligeable - une excellente visibilité de l'extérieur de l'établissement », témoigne Pascal Moll, responsable marketing chez Unic.

 

Les possibilités de personnalisation sont multiples : peinture, transfert à base de stickers, pelliculage... L'exploitant peut ainsi utiliser toute une panoplie pour montrer sa différence. « La personnalisation est une vraie tendance, reprend Pascal Moll. Même les écrans tactiles disposés sur les machines, à la manière de l'écran d'un smartphone, sont personnalisables. Bien entendu, on peut jouer sur la couleur du fond d'écran, ce qui fait un élément supplémentaire pour rendre la machine originale. »

 

La carte de l'intégration

 

La personnalisation est également possible chez Illycafé, qui propose de varier la couleur du dos de la machine. Un élément intéressant lorsque la machine est placée directement sur le comptoir et donc de dos par rapport à la clientèle. « Nous proposons la YP1, dont le dos peut être rouge, gris ou noir. Les professionnels ont le même raisonnement que le particulier, dans le sens où ils veulent une machine qui va s'intégrer partout », assure Anne Boutin. La volonté d'Illycafé de faire apparaître de la couleur par petites touches se retrouve également sur la X7, plus compacte, et qui, bien que destinée aux professionnels, ressemble à une machine domestique. Sur cet appareil, le réservoir d'eau est teinté en bleu, « ce qui confère à la machine une notion de pureté, et arrive également comme un élément de rassurance vis-à-vis du consommateur », note Anne Boutin.

 


 

 

Chez Malongo, il est également possible de s'offrir une machine sortant de l'ordinaire, à travers des séries spéciales distillées par la marque : « De temps en temps, nous proposons des séries exclusives, où l'on travaille particulièrement les couleurs et les matières. Pour les couleurs, nous nous inspirons fortement de l'univers de la cuisine, de la mode et des tendances actuelles. Ces machines doivent proposer une rupture, être à la fois intemporelles et atypiques. Ce sont des séries à petits tirages, donc nous réduisons les risques. Récemment, nous avons mis en avant des couleurs lie de vin et le bleu Klein, dont l'idée était de symboliser une machine éco-conçue par une âme d'artiste. Actuellement, nous travaillons sur des prototypes utilisant du bois brut, qui seraient donc de cette couleur, toujours dans l'esprit de distiller nos valeurs organiques », explique Delphine Brudoux.

 

Des tasses neutres ou bariolées

 

Du côté des tasses, même différence dans l'approche. Certains jouent carrément, et de longue date, la carte de la couleur, comme les cafés Folliet, quand d'autres, comme Richard ou Malongo, se focalisent plutôt sur le blanc et le noir. Selon Laurence Gacham, directrice de la communication des cafés Richard : « La restauration est en demande de tasses neutres, qui mettent en valeur la crème au-dessus du café. Dans cette optique, notre tasse Slim, intégralement blanche, répond à cette demande. Mais nous proposons également des tasses assorties aux cafés que nous vendons. Par exemple, nous avons une tasse toute noire, proposée avec le café Florio. Chez nous, la couleur est disséminée par petite touches, comme dans notre nouvelle ligne où seule l'anse et la soucoupe sont colorées. Nous nous sommes aperçus que certains restaurateurs qui voulaient briser les codes apprécient la couleur pour se différencier un peu. Certains établissements "jouent" même un peu avec, dans la mesure où ils aiment servir les boissons avec des tasses et soucoupes dépareillées pour ajouter une touche d'originalité. » Chez Malongo, on préfère rester sur le blanc, afin de respecter la logotypie de la marque. « Notre environnement vaisselle est essentiellement blanc, car notre logo, le fameux rectangle rouge, est bien visible sur le blanc. Quand nous avons commencé à nous allier avec les petits producteurs, il nous a paru évident de conserver le blanc comme marqueur de pureté. C'est une couleur qui véhicule des valeurs liées aux nôtres, comme le développement durable et l'écologie. Chez Malongo, nous sommes donc rouge et blanc », souligne Delphine Brudoux.

 

À l'opposé, d'autres ont fait des tasses bariolées leur marque de fabrique. Ainsi, les cafés Folliet ont lancé, dès les années 2000, des tasses, soucoupes et produits d'accompagnement extrêmement colorés, qui s'inspiraient de l'univers de Van Gogh. « Notre brief à l'époque : décrocher une toile dans un musée et en transposer l'univers sur les produits », témoigne Françoise Camus, directrice opérationnelle de Folliet. Folliet a également connu une période pop art, fortement inspirée des créations warholiennes, avec du jaune, du rose, du bleu à profusion. Dès 2013, la marque a embrayé sur un parti pris graphique, sans oublier le côté pratique : « Nos tasses de 2004 n'étaient pas stables... Une création en restauration doit absolument être opérationnelle, et respecter aussi les codes couleur de son univers. Par exemple, quand on parle de café, le rouge symbolise le robusta, le bleu, le décaféiné, alors que le noir est une allégorie de l'expresso », note Françoise Camus. « L'art est un champ d'exploration infini, que l'on peut décliner autant qu'on le souhaite. Nous utilisons la couleur afin d'étonner le consommateur, le faire sortir des sentiers battus et de l'univers souvent conformiste du café », ajoute Françoise Camus. De la couleur, oui, mais, canalisée. C'est dans cet esprit que Folliet vient justement de lancer Elliptik, sa nouvelle gamme de service de café, où les couleurs se répondent à travers des traits sur les tasses, dans une sérigraphie reprise également sur les paquets de café de la gamme du même nom. Selon Françoise Camus, « Elliptik s'insère parfaitement dans les environnements modernes, où l'on retrouve du béton ciré, par exemple ».

 

L'attachement au « petit noir »

 

Ces codes, les afficionados du café en capsule les connaissent bien. En effet, Nespresso, qui développe de plus en plus d'offres business, mise sur la couleur pour identifier ses fameuses capsules. Nespresso a mis, depuis longtemps, la couleur au coeur de sa réflexion, et celle-ci, non contente d'avoir été comprise et intégrée par les clients, est devenue une vraie marque de fabrique. Mais l'univers du café ne semble pas encore tout à fait prêt à briser les codes et à se parer de multiples couleurs. Dans ce domaine, le client reste encore assez conservateur, comme si le lien particulier qui l'unit avec son « petit noir », le bien nommé, ne devait pas changer. Boisson-pilote par excellence, indicateur de bonne santé pour nombre de CHR travaillant en limonade, il n'est pas certain que la couleur puisse s'imposer d'emblée sur ce segment un peu particulier. Néanmoins, le renouveau du snacking et la marche en avant de nombreux établissements pour moderniser leur image risquent de contribuer fortement à un dépoussiérage en profondeur du service du café, qui sera profitable aux marques innovantes dans leur design et leurs couleurs.

 

« Nous utilisons la couleur afin d'étonner le consommateur, le faire sortir des sentiers battus et de l'univers souvent conformiste du café. » Françoise Camus, directrice opérationnelle de Folliet

 

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