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Stéphane Jego, l'ami des gens

AMÉLIE RIBEROLLE

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Stéphane Jego, l'ami des gens

À la tête de l'Ami Jean (Paris 7e) depuis 2004, le bistrotier met son énergie et sa verve à fédérer la profession et à obliger les assurances à jouer leur rôle social, au-delà des libellés des contrats.

Dès le 18 mars, il a lancé une pétition adressée à Bruno Le Maire s'ouvrant sur ces mots : « Amis commerçants, confrères, éleveurs, producteurs, tous acteurs... Comme vous tous, samedi, à minuit, j'ai dû fermer mon restaurant, L'Ami Jean, à Paris. Et je ne sais pas pour combien de temps ». L'idée : « Pousser le gouvernement à décréter l'état de catastrophe sanitaire naturelle ». Le 13 avril, le président de la République invitait les compagnies d'assurances à prendre leur part. Une satisfaction pour le Breton : « Si ça résonne en haut lieu, ça veut dire qu'on a été entendus. » Même s'il regrette que ce soit à la base de remuer ciel et terre pour cela. « Si on ne l'avait pas fait, qu'est-ce qui se serait passé ? C'est pourtant le principe de base de l'assurance : on y met de l'argent qui doit nous revenir en cas de problème ! »

L'énergie, il ne l'a jamais comptée. Après douze ans auprès d'Yves Camdeborde, il a repris l'Ami Jean en 2004, où il fait travailler 18 personnes, dont plusieurs sont alors dans des situations sociales très difficiles. Les laisser sur le carreau est d'autant plus inconcevable. « Il va falloir nous accompagner à la réouverture. » Et d'énoncer des propositions concrètes pour une période de trois à six mois : la prise en charge des salaires par les assurances, la suppression des charges par l'État. « Et nous, on s'engage à maintenir l'emploi et se réinventer, c'est une question de vie ou de mort. »

PRENDRE DE LA HAUTEUR

Avec son conseil, il est prêt à engager des batailles judiciaires s'il le faut, mais veut épuiser toutes les autres voies d'abord. Et notamment le canal médiatique. « Comme j'ai dit à Cyril Lignac, qui est un ami, le tuto tarte au choco, OK, mais ce n'est pas la réalité. » La réalité, c'est un écosystème (au moins 150 collaborateurs pour l'Ami Jean, sans compter les vignerons) qui risque de se retrouver sur le carreau, parce que « personne ne prévoit de faire zéro pendant trois mois, sans savoir quand ni comment ça va redémarrer ». La détresse ne l'empêche pas de prendre de la hauteur : « Il n'y a plus de place pour le déni, il faut regarder la crise dans sa globalité. » Avant de s'attabler à nouveau à l'Ami Jean.

Propos recueillis en avril 2020

 

 

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