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Pour Marc Menasé, aux rênes de Founders Future, « L’afflux massif des capitaux vers les business digitaux devrait se poursuivre ces 12-18 prochains mois »

YANNICK NODIN

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Pour Marc Menasé, aux rênes de Founders Future, « L’afflux massif des capitaux vers les business digitaux devrait se poursuivre ces 12-18 prochains mois »

Serial entrepreneur, business angel et fondateur de Founders Future, Marc Menasé a multiplié les lignes sur la verticale Food ces dernières années, en associant souvent foodservice et digital, mais pas seulement. Regard sur l’industrie, et ce que change pour les investisseurs la crise sanitaire.

Comment, venu de la tech, en êtes vous venu à orienter vos investissements dans la food ?

J’ai eu depuis quelques années l’envie d’investir dans des univers où je prends du plaisir, avec une sensibilité particulière au profil des entrepreneurs que j’accompagne. Souvent, les personnes qui entreprennent dans l’alimentaire y sont venues par des biais différents, avec des objectifs eux aussi très variés. C’est une richesse incroyable, qui est assez révélatrice de la mutation actuelle de l’industrie, et notamment de la transformation digitale d’une portion de son offre. Cela m’intéresse de soutenir cette transition, accélérée par de la tech, des entrepreneurs qui portent des solutions nouvelles, et des usages qui, en face, s’installent. J’ai d’abord mis un pied dans la food en tant que business angel, en investissant dans LePetitBallon.com, puis en co-fondant en 2016 la plateforme epicery, spécialisée dans la livraison d’une offre de commerces de bouche. C’est à partir de là que se sont intensifiés mes investissements dans le secteur, à titre personnel, puis avec Founders Future, en accompagnant Taster sur son premier tour de table, Tiller, sur les systèmes de caisse, FoodMeUp, spécialisé dans la fiche-recette, Suppli, GreenGo, qui apporte des solutions de consigne aux restaurateurs, ou encore les sœurs Vigand, qui viennent d’ouvrir Uptown, leur deuxième adresse à Paris.

 

Les récentes levées de fonds dans le hors-foyer ont concentré les capitaux en direction notamment des dark kitchen, et des spécialistes de la digitalisation de la commande. Une situation qui pourrait durer ?

La crise sanitaire a eu cette spécificité que d’exposer les restaurateurs aux fermetures, auxquelles personne n’était préparé. Et depuis plus d’un an, Les établissements se sont transformés avec du take away, du delivery, ont mis en place en place des menus digitaux et de nouvelles solutions de paiement. Mécaniquement, cette portion online de l’industrie attire en ce moment les investisseurs, notamment les grands fonds, qui voient un taux de pénétration de la commande digitale qui a plus que triplé en Europe depuis un an. Les technologies sont là, les usages prennent, il est assez possible que l’afflux de capitaux vers les business digitaux se poursuivent sur les 12-18 prochains mois. Je reste néanmoins convaincu que cette poussée va finir par se réguler, et que les opérateurs issus de segments  plus anciens, qui font preuve d’une capacité d’adaptation et d’une résilience qui forcent l’admiration, vont attirer les investisseurs.  

 

Sur quels segments se positionne actuellement Founders Future ?

Nous avons lancé un fonds d’impact en début d’année pour accompagner la croissance de nouveaux modèles de production alimentaire, à l’instar de Jungle, qui est spécialiste de l’agriculture urbaine verticale. Nous nous situons plutôt sur des enjeux de transition alimentaire, en amont du foodservice, ce qui ne nous empêche pas de participer à des levées de fonds d’opérateurs maîtrisant food et tech, comme très récemment Taster, que nous continuons d’accompagner. La période est propice à ce type d’investissement, il y a une attente aujourd’hui sur des marques dédiées livraison, bonnes sur le produit, le prix, comme les temps de service. La poussée des commandes en delivery crée des exigences supplémentaires du côté des consommateurs, et le format de marques opérées en licence que propose Taster est une réponse intéressante à ces enjeux, sur un marché à adresser qui est conséquent.

 

Quid de la restauration d’entreprise, qui revisite également son modèle ? Un marché sur lequel vous pourriez accompagner l’un des nouveaux opérateurs ?

La restauration d’entreprise est effectivement en pleine mutation, et sans doute n’est-il pas faux d’affirmer que la cantine « à l’ancienne » a vécu. La crise sanitaire a accéléré des évolutions déjà à l’œuvre sur ce marché, et introduit une donne nouvelle. Le consommateur est en train de changer, le travail lui-même évolue avec un télétravail qui pourrait, au moins partiellement, se pérenniser. Les employeurs ont conscience que le retour sur site des salariés va supposer une adaptation du service et de l’offre de restauration, avec sans doute des solutions plus flexibles, et des curseurs poussés d’un cran sur des enjeux comme la lutte contre le gaspillage. Nous sommes attentifs bien sûr à ce qui se passe sur ce marché, comme aux possibilités d’y accompagner des entrepreneurs développant des solutions autour d’une offre qualitative, digitalisée et flexible. Propos recueillis par Yannick Nodin

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