Interview

Pour Ilan Ouanounou, DG d'Edenred France, "Les titres-restaurants ont un rôle à jouer dans l'environnement-prix actuel "

YANNICK NODIN
Pour Ilan Ouanounou, DG d'Edenred France,

Sur un marché du hors-foyer qui a retrouvé des volumes en 2021, mais reste encore loin des niveaux pré-crise, les opérateurs de titres-restaurants, résilients en 2020, ont été particulièrement dynamiques, à l'instar d'Edenred France, en progression de 12,8% sur ses comparables. Comment l'émetteur s'est adapté pour répondre à des tendances en forte accélération dans l'Hexagone ? Eléments de réponse avec Ilan Ouanounou, son nouveau directeur général.

Quel retour sur l’activité d’Edenred, et son activité d’émetteur de titres-restaurants, depuis la crise sanitaire ?

La crise sanitaire a conforté Edenred dans la pertinence de ses solutions. Elle a notamment fait émerger des tendances favorables aux titres-restaurants et à Edenred telles que l’hybridation de la pause-déjeuner entre activité sur site et télétravail. De grands employeurs tels que Société Générale, Orange, BNP Paribas, sont ainsi passés sur notre solution de « cantine 2.0 » qui combine le restaurant d’entreprise et le Ticket Restaurant. Cette solution est parfaitement adaptée aux nouveaux usages et aux nouvelles façons de travailler, puisqu’elle permet de déjeuner à l’heure souhaitée, dans le lieu de son choix (au bureau, au restaurant, à domicile), le plat de son choix. Cela a évidemment entretenu notre activité, et contribué à la croissance d’Edenred en 2021, après avoir été résilients en 2020. En France, le chiffre d’affaires opérationnel 2021 s’établit à 286 millions d’euros, en progression de +12,8% en données comparables. Cette dynamique, est également une très bonne nouvelle pour la restauration. Le titre-restaurant est un apporteur d’affaires reconnu, avec 7,1 milliards d’euros de contribution en 2020. Selon une étude récente de Roland Berger, le Titre Restaurant est l’apporteur d’affaires le plus efficace pour un restaurant, avec le meilleur rapport coût-bénéfice.

Contribution reconnue d’ailleurs par les pouvoirs publics, avec le doublement du plafond d’utilisation des titres-restaurants… 

Les pouvoirs publics ont bien noté ce rôle d’apporteur d’affaires du titre restaurant, en  doublant le plafond d’utilisation journalier des titres-restaurants, de 19 à 38 euros, mesure prolongée jusqu’au 30 juin 2022. Cette décision s’est traduite par un panier moyen en restauration passant de 14 à 21 euros pour les détenteurs. C’est un signal important, qui témoigne de l’importance des titres-restaurant, avantage social préféré des français, dont l’apport est positif pour la restauration traditionnelle.

Sur la période, la digitalisation, des canaux de vente comme des habitudes de consommation, s’est aussi accentuée. Une tendance là-aussi favorable aux titres-restaurants ? 

Il y a eu effectivement une accélération de la digitalisation du métier et des comportements de consommation. Edenred est d’ailleurs de loin le leader du digital dans notre marché avec 1,8 million d’utilisateurs de notre solution digitale Ticket Restaurant. Nous observons une accélération des solutions digitales et une décroissance du titre restaurant papier. Les salariés utilisent aussi de plus en plus la solution de paiement mobile, directement via l’application MyEdenred sur smartphone, sans avoir recours au support de la carte physique. Nous avons complété le dispositif en connectant le Ticket Restaurant digital aux principales plateformes de livraison de repas. Nous avons plus de 90 partenaires connectés. Pour les salariés, la commande en ligne devient une pratique de plus en plus fréquente à la pause déjeuner, mais ce n’est pas le seul élément à s’être développé depuis la crise sanitaire. Il y a aussi une prise de conscience grandissante de l’importance d’une alimentation saine : 1 salarié sur 4 en France dit avoir modifié ses habitudes de consommation au déjeuner, vers des offres plus équilibrées et qualitatives, depuis la crise sanitaire, selon notre dernier Baromètre Food. Cette attente est elle aussi favorable aux titres-restaurants, en tant qu’instrument favorisant l’accès à une alimentation diversifiée et équilibrée.

Quel est votre regard sur le marché et ses perspectives de court terme, dans un environnement où les tensions sur les matières premières, comme les préoccupations sur le pouvoir d’achat, vont grandissantes ?

Il y a actuellement des signaux favorables, sur l’épargne, l’inflation, le télétravail, la digitalisation, d’autres qui le sont moins, mais dont on ne sait pas vraiment anticiper aujourd’hui l’impact potentiel. Nous restons optimistes pour le secteur de la restauration à table, même s’il faut souligner des niveaux de fréquentation devenus très hétérogènes, avec des centres de villes moyennes, des zones mixtes, qui s’en sortent très bien, des zones de bureaux et touristiques qui ont plus de difficultés à repartir, et retrouver des volumes. Dans ce contexte nous militons pour une continuité dans les mesures d’accompagnement de la restauration. Par exemple, pour une augmentation de la valeur faciale maximum des titres-restaurants, de 11,38 euros actuellement à 15 euros. Nous pensons également que, passé le 30 juin 2022, nous devrions pérenniser un plafond d’utilisation autour de 28 euros, dès lors qu’il est utilisé en restaurant. Avec ce type de décision, les titres-restaurants pourraient continuer d’accompagner à la fois les salariés et les restaurateurs dans des environnements prix inflationnistes. Propos recueillis en mars 2022.

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