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Pour Anton Soulier, fondateur de Taster, « Nous avons l’objectif d’être présents dans 1000 villes en Europe d’ici 2025 »

YANNICK NODIN

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Pour Anton Soulier, fondateur de Taster, « Nous avons l’objectif d’être présents dans 1000 villes en Europe d’ici 2025 »

© RORY LINDSAY

Taster, spécialiste des restaurants virtuels, vient, quelques mois après le lancement d’un contrat de licence sur ses marques, d’annoncer une levée de fonds record de 37 millions de dollars, réunissant les fonds Octopus Venture, Battery, LocalGlobe, HeartCore et Rakuten. Retour sur les ressorts de cette levée de fonds, sur le déploiement des marques et de l’expertise de Taster, avec Anton Soulier, son fondateur.

Dans quel contexte pour Taster intervient cette levée de fonds ?

Depuis la création de Taster, nous avons l’intention de devenir un groupe majeur, avec cette conviction que la prochaine chaîne de restauration sera digitale, dans un marché qui s’est encore peu déployé sur les canaux en ligne : 10% aujourd’hui des volumes d’affaires en restauration se font en ligne, vs 60% pour l’industrie du voyage, cette portion étant appelée à croître de 30% par an d’ici 2025. Notre offre, nos marques et nos opérations ont été pensées autour de l’expérience-client via la commande digitale, en livraison, en click&collect aussi. Lorsque l’on observe les trajectoires des grandes marques en restauration, toutes ont à un moment donné démultiplié leurs capacités à se développer en s’ouvrant à la franchise. Nous avions en tête cette seconde étape de notre développement avant la crise sanitaire, qui a accru l’appétence des consommateurs pour la livraison. En 2020, nous avons à périmètre quasi-constant plus que doublé notre activité. Le marché s’ouvre pour les restaurants digitaux, et cette levée de fonds va permettre à Taster d’y prendre des positions, grâce à son modèle, ses marques fortes, et sa technologie.

 

Comment comptez-vous imposer Taster et ses marques en France, hors de vos bases parisiennes ?

Avec Mission Saïgon, Outfry et A Burgers, nous disposons de marques qui en 4 ans ont permis à Taster de se positionner en 3ème position sur Deliveroo à Paris, derrière McDonald's et Burger King, et livrer plus de 5 000 repas par jour. Ce sont des champions dans leur catégorie, avec une note moyenne supérieure à 4,6/5 sur les plateformes de livraison, qui fidélisent aussi, puisque 60% des commandes Taster sont issues de clients réguliers. Derrière, il y a un travail sur la food, bien sûr, mais aussi une technologie qui nous est propre : agrégation des commandes issus des différents canaux de la commande digitale, algorithmes de prévision de la demande, mais aussi un outil de supply chain, de contrôle de la qualité, ainsi qu’une application iOS et Android que nous avons lancé il y a deux semaines pour capter des commandes en propre, notamment en click&collect. Notre  objectif est maintenant de mettre ces marques, ces outils et cette expertise au service de nos partenaires restaurateurs, qui les opèrent via un contrat de licence. Nous sommes partis de l’idée qu’il y avait suffisamment de points de vente et de m² sous-utilisés pour ne pas corréler l’accélération de la présence de Taster à des projets immobiliers. C’est ce modèle, original, que nous avons commencé à déployer, avec d’ores et déjà une trentaine d’établissements licenciés Taster, principalement en France, à Paris, Lyon, Lille, Rouen, Strasbourg, et au Royaume-Uni. Nous visons une centaine d'implantations d’ici la fin de l’année. Accélérer son déploiement suppose, entre autres, des dépenses importantes en marketing, en technologie, qui ont motivé cette levée de fonds.

 

Quel avantage pour les restaurateurs, déjà présents sur les plateformes, d’accéder à la licence Taster ?

Toute l’idée de la licence est de permettre à nos partenaires d’accéder à un modèle profitable, par la notoriété de nos marques, par l’accès à nos technologies, mais aussi à des conditions d’approvisionnement, en matières premières comme en packaging, avantageuses via notre centrale d’achat. Pour un restaurateur indépendant, il est très difficile de se différencier des milliers d’autres restaurants disponibles sur les plateformes. Les commissions payées à ces dernières peuvent s'élever jusqu’à 35% du chiffre d’affaires, auxquels s’ajoutent des frais marketing et des coûts matières élevés puisqu’il faut ajouter 4 à 6% de packaging, en plus des 30% de frais de matières ainsi qu’un coût additionnel de 2% à 4% pour ceux souhaitant s’équiper de logiciels de gestion... En face, nous mettons un modèle qui, moyennant le versement de 30% du chiffre d’affaires via nos marques, commissions des plateformes comprises, permet de générer entre 4000 et 6000€ de chiffre d’affaires dès la première semaine de lancement avec une marge nette comprise entre 15 et 20%. De ce que nous avons pu observer chez nos partenaires déjà licenciés, on atteint assez rapidement des volumes hebdomadaires à 20-30 000€.

 

Quel coût d’adaptation, en surfaces comme en équipements, pour opérer vos marques ?  

Nous ciblons en priorité des établissements positionnés sur le fast-casual, qui en termes de produit, d’opérations, et d’équipements, sont assez proches de ce que nous faisons, et souhaitent augmenter leur chiffre d’affaires via le digital. Beaucoup de ces établissements disposent déjà d’une friteuse, nous recommandons une série d’équipements, mais en moyenne le Capex supplémentaire généré en opérant nos marques est très faible, autour de 2000€, et 1,50m de linéaire en cuisine, par marque Taster opérée. 

 

Quelles perspectives pour ce segment des restaurants virtuels dans une optique de réouverture des salles ?

Nous avons tous besoin de revenir à des vies plus normales et attendons tous de pouvoir de nouveau goûter à la convivialité du restaurant. Cela impactera forcément les volumes commandés en ligne les premières semaines, mais la tendance à la restauration chez-soi a pris des parts, et poursuivra, j’en suis convaincu, sa croissance. C’est ce que nous observons au Royaume-Uni, où nous sommes revenus à nos volumes de début d’année, après que les terrasses aient rouvert ; c’est aussi ce que nous incitent à penser la ventilation de nos commandes, qui ne se concentrent plus sur les fins de semaine seulement, mais se redistribuent dans la semaine, signe que cette forme, nouvelle pour beaucoup, de restauration, est d’ores et déjà inscrite dans des habitudes quotidiennes. Sur le fond, il n’y a pas vraiment d’arbitrage entre une sortie au restaurant et une commande sur Deliveroo. Le sujet, c’est plutôt « Y’a-t-il une offre qui m’intéresse sur l’appli, ou vais-je cuisiner des pâtes à la carbonara ? ». Aujourd’hui, nous apportons sur cet arbitrage-là des réponses qualitatives et accessibles, avec l’ambition de déployer cette proposition dans 1000 villes en Europe d’ici 2025, et 3000 restaurants-partenaires. Propos recueillis par Yannick Nodin

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