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PME Alimentaires : reprise de la confiance mise à l'épreuve de difficultés grandissantes

ENCARNA BRAVO

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 PME Alimentaires : reprise de la confiance mise à l'épreuve de difficultés grandissantes

Pour les PME alimentaires françaises, la loi Besson-Moreau est une mauvaise réponse à un vrai problème, parce qu'elle ne prend pas en compte les spécificités et enjeux des PME alimentaires françaises.

Au moment où débutent les débats en séance publique sur la proposition de Loi Besson-Moreau, la confiance en l'avenir des TPE, PME et ETI alimentaires françaises est menacée par de nombreuses difficultés. Le 1er Baromètre de l'ADEPALE (Association Des Entreprises de Produits ALimentaires Élaborés) créé pour mesurer l'activité de près de 600 sites agroalimentaires français qu'elle réunit[1] est éloquent sur le sujet.

Les PME alimentaires françaises sont en effet aujourd'hui près de 70 % à se dire confiantes pour la suite de leur activité et leur santé, alors que ce taux n'était encore que de 56 % en mars dernier et de 41 % en novembre. Preuve de cet optimisme, elles ont repris leurs investissements : près de 8 sur 10 (78 %) ont prévu d'investir au cours de ce 2e trimestre. Ces entreprises, à la tête de 48 000 collaborateurs en France - les ¾ du secteur -, continuent également à créer de l'emploi : 26 % ont prévu d'embaucher. Pourtant, 71 % d'entre elles confient avoir des difficultés à recruter.

Et la gestion des ressources humaines n'est pas le seul défi qu'elles vont avoir à relever. En effet, elles sont confrontées à des contraintes grandissantes en matière d'approvisionnements, notamment en raison du manque de disponibilité et de la flambée des coûts des matières premières agricoles ainsi que de l'augmentation des prix des emballages. En juin, elles sont 79 % à déclarer éprouver des difficultés en matière d'approvisionnements alors qu'elles étaient 69 % il y a de cela 3 mois. De plus la fermeture  de la restauration pendant plusieurs mois a fortement impacté l'activité d'un certain nombre d'entreprises.

Pour affronter ce contexte difficile, le tissu des PME, PMI et ETI alimentaires françaises a plus que jamais besoin du soutien des Pouvoirs publics pour créer de nouveau de la valeur et la répartir de façon juste et équitable pour chacun des maillons de la filière. C'est pourquoi l'ADEPALE plaide pour un aménagement de la Loi Besson-Moreau, qui doit bien sûr permettre d'augmenter les revenus des agriculteurs, mais ne pas oublier les fluctuations des coûts de production des transformateurs qui les rémunèrent. L'association estime que les distributeurs doivent prendre conscience du rôle qu'ils ont à tenir dans le maintien de la souveraineté alimentaire française.

Seule une révision du système des négociations commerciales permettra de sauvegarder les activités de transformation en France. L'ADEPALE est convaincue que les consommateurs-citoyens sont prêts à payer les produits cuisinés en France à la hauteur de leur qualité.

[1] Baromètre réalisé auprès des membres de l'ADEPALE du 11 mai au 4 juin 2021

La survie du tissu industriel alimentaire français dépendante d'une loi

Si l'ADEPALE se félicite de la hausse du pouvoir d'achat des agriculteurs voulue par la Loi Besson-Moreau, elle s'étonne que le maillon charnière situé entre les l'agriculture et la distribution, celui de la transformation, soit le grand oublié des mesures envisagées.

En effet, pour assurer la juste rémunération des agriculteurs, que l'ADEPALE estime indispensable, les entreprises alimentaires ont impérativement besoin qu'un coup d'arrêt soit donné à la stratégie déflationniste des distributeurs. Seul leur changement de posture permettra aux transformateurs français de continuer à privilégier l'origine France pour s'approvisionner, à soutenir les producteurs locaux et leurs démarches de progrès en faveur de la qualité et de la transition agroécologique. Il faut savoir que les PME alimentaires françaises, au plus proche des territoires et des zones rurales, représentent 70 % des débouchés des agriculteurs français.

Pour l'ADEPALE, la revalorisation doit être calculée au cas par cas en raison de la large diversité de produits et des recettes composées par les entreprises alimentaires françaises.  L'association considère en effet que la volatilité des prix des matières premières utilisées pour cuisiner les produits proposés aux consommateurs est sans commune mesure avec celle d'un soda par exemple.

Quatre propositions phares de l'ADEPALE pour aménager la Loi Besson-Moreau

Parmi les propositions avancées par l'ADEPALE pour assurer la juste rémunération de chacun des maillons de la filière, quatre mesures conditionnent la survie des entreprises alimentaires françaises :

  1. Permettre aux transformateurs de répercuter les hausses et baisses des coûts des matières premières agricoles dans leurs prix de vente. La proposition de loi prévoit dans sa rédaction actuelle une clause de révision automatique du prix, non négociable, pour le contrat entre le producteur agricole et son premier acheteur (contrat amont), mais pas pour le contrat qui lie le transformateur au distributeur (contrat aval).
     
  2. Assurer une juste concurrence avec les opérateurs internationaux. Les dispositions prévues actuellement ne corrigeront pas les risques de concurrence étrangère et notamment européenne pour de nombreux produits finis fabriqués en France qui ne sont pas soumis au même formalisme et aux mêmes contraintes. Afin d'échapper aux contraintes imposées par cette proposition de loi, certaines entreprises seront tentées d'acheter à l'étranger leurs matières premières agricoles. Cette distorsion de concurrence doit être corrigée, à moins de vouloir courir le risque de délocalisation de certains achats ou de certaines activités.
     
  3. Prendre en compte les difficultés d'application des dispositions de la proposition de loi pour les produits alimentaires assemblés (pizzas, salades composées, sandwiches, plats cuisinés...) composés d'un grand nombre de matières premières agricoles. Détailler l'ensemble des matières premières agricoles entrant dans la composition de ces produits, y compris quand leur part n'est pas significative dans la détermination du tarif, représenterait une nouvelle contrainte pour leurs fabricants qui n'ont pas les outils adéquats s'adapter aux impératifs de la loi dans un temps très contraint. Des adaptations devraient pouvoir être apportées à la proposition de loi pour alléger le dispositif.
     
  4. Prendre en compte, dans la formation du prix, les investissements des entreprises et des exploitations agricoles dans la RSE et la transition agro-écologique, la pêche et l'aquaculture durables : cette mesure permettrait une réelle prise en compte des investissements nécessaires à la transition écologique réalisés par les producteurs et transformateurs. Nos TPE, PME et ETI dégagent de trop faibles marges pour accélérer la transition que nos compatriotes appellent de leurs vœux.

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