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OGM: l'Umih s'élève contre la nouvelle réglementation

La rédaction de Néorestauration
Depuis le 18 avril, tous les restaurateurs doivent indiquer à leurs clients les ingrédients OGM ou dérivés présents dans les plats proposés.

Encore une mesure qui a toutes les chances de ravir les professionnels. En effet, depuis lundi 18 avril, les restaurateurs, tous autant qu’ils sont (restaurants, brasseries, cantines, restauration rapide…), doivent sur leurs cartes, menus ou panneaux d’affichage, indiquer à leurs clients, la présence d’ingrédients transgéniques ou dérivés d’OGM présents dans les plats proposés, même si l’ingrédient concerné entre pour une part mineure dans la composition du plat. Puisque, comme le souligne la nouvelle réglementation, les produits concernés sont ceux qui contiennent des OGM mais aussi ceux qui ont été élaborés à partir d’OGM même si le produit fini n’en présente plus que des traces.

Ainsi, en  conformité avec la nouvelle réglementation européenne sur les OGM, la DGCCRF (Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) a précisé la semaine dernière, les conditions d’étiquetage de tous les produits à base d’OGM ou dérivés. L’objectif invoqué : mettre en place une traçabilité totale des OGM et de leurs dérivés tout au long des filières de production. Et la DGCCRF de donner l’exemple d’un plat préparé, vendu ou en conserve, cuisiné avec une huile obtenue d’un colza génétiquement modifié, devra comporter une mention du type « produit à partir d’huile de colza génétiquement modifié » dans la liste des ingrédients.
En revanche, les produits animaux (lait, viande, œuf) ne sont pas concernés par ces dispositions dans la mesure où aucun animal génétiquement modifié n’est commercialisé en Europe. Ce qui a eu le don d’agacer quelque peu l’Umih (Union des métiers et des industries de l'hôtellerie). Le syndicat dit « oui à l’information sur les OGM mais non à un simulacre de transparence ».
En effet, l’Umih considère que la nouvelle réglementation européenne bien que « bonne en soi, est un marché de dupe pour le consommateur, car elle ne concerne pas les produits dérivés des animaux, leur alimentation, le lait, la viande et les œufs, dans lesquels sont concentrés 80% des OGM ».
Le principal syndicat professionnel refuse donc d’appliquer « une réglementation qui en amont n’est pas appliquée et, semble-t-il, pas applicable à ce jour » explique-t-il dans un communiqué. «Le texte obligerait les restaurateurs à indiquer pour chaque plat sa teneur en OGM ainsi que celle de chaque élément composant ce plat ; ce qui est impossible, faute de traçabilité en amont», poursuit-il.
L’Umih termine en déclarant qu'elle respectera la réglementation « lorsque celle-ci pourra être appliquée réellement, c’est à dire lorsque l’origine et la composition de l’ensemble des éléments entrant dans les plats pourront être vérifiées ». Elle craint aussi, sous couvert de transparence qu'on en arrive dans un deuxième temps à la levée du moratoire auquel elle est fermement opposée.

Quoi qu'il en soit, comme le souligne la DGCCRF, les filières de l'alimentation humaine et animale feront l'objet de contrôles afin d'assurer que les opérateurs ont bien pris en compte le nouveau dispositif communautaire qui se mettra progressivement en place au fur et à mesure du renouvellement des stocks. Notamment, les professionnels qui ne souhaitent pas utiliser des OGM devront s'assurer, soit par eux-mêmes (autocontrôles par exemple), soit auprès de leurs fournisseurs, que les produits qu'ils mettent en oeuvre n'en contiennent pas. Une présence accidentelle n'est, en effet pas admise au delà du seuil de 0,9 %.

pfedele@neorestauration.com

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