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N comme Nolow... L'abécédaire Néo de 2020

OPHÉLIE COLAS DES FRANCS
N comme Nolow... L'abécédaire Néo de 2020

© foodfoto - stock.adobe.com

No or low alcohol, soit les alcools sans alcool. Difficile de ne pas hausser le sourcil en entendant cette formule. Et pourtant, bières, vins et même spiritueux 0.0 s’installent dans le paysage des boissons en CHR. Une catégorie boostée par la tendance venue de Grande-bretagne, le « Dry January », mois de janvier décrété sans alcool. Une étude Nielsen a révélé que 3 % des Français ont décidé de le pratiquer en 2020 et 6 % de baisser leur consommation. « C’est plus qu’une mode, estime camille Delettrez, directrice trade marketing chez C10. Si le vin et les spiritueux ont du mal à trouver leur place, les bières tirent leur épingle du jeu. » Elle est bien loin la bière sans alcool aqueuse et insipide des années 80 ! Si le procédé à base de filtration de l’éthanol a vite été maîtrisé, la question des arômes a longtemps été un casse-tête pour les brasseurs. Ils ont aujourd’hui réussi leur pari avec des recettes bien houblonnées et maltées. Et variées : les bières sans alcool se déclinent en lagers, abbayes, IPA…

De quoi séduire une large palette de consommateurs : les amateurs de fine mousse qui souhaitent baisser leur consommation d’alcool sans renoncer au houblon ; et des néo-consommateurs sobres qui viennent à cette boisson sans éthanol, synonyme de convivialité. « Chez France Boissons, les ventes ont progressé de 10 % entre 2017 et 2019, surtout auprès des bars, des cafés de jour et de nos clients “grands comptes” », explique Anne Bloch, directrice des achats et des catégories. Le marché est tiré par les deux mastodontes du secteur Heineken et Kronenbourg. « Ils ont perdu des parts de marché sur le régional face aux marques craft et cherchent de la croissance sur ce segment », analyse Raphaël Marie, responsable de secteur produits frais chez Metro. « De même qu’un restaurateur se doit aujourd’hui de proposer un plat végane, il doit mettre à sa carte une référence sans alcool. C’est d’autant plus intéressant que les consommateurs sont disposés à payer plus pour ce genre de produits. »

 

Pétillant et rouge en tête

Le vin sans alcool ne suscite pas le même engouement. c’est pourtant loin d’être une nouveauté : le vin 0 ° existe depuis 1908 grâce à un procédé de baisse de température. Depuis une vingtaine d’années, des vignerons s’essaient à l’exercice avec une autre technologie, l’osmose. La première difficulté pour commercialiser le produit est sémantique : le vin sans alcool est, d’après la règlementation française, un vin à moins de 7 °. Et d’après la législation européenne, une boisson à base de raisin fermenté titrant à moins de 2 ° n’a pas le droit à l’appellation vin. Il faut donc se contenter d’une peu vendeuse mention de « boisson à base de vin ». Pour contourner l’obstacle, certains producteurs indiquent sur les étiquettes les types de cépage et un packaging reprenant les codes du vin sans le mentionner. Mais le breuvage peine à convaincre. « La bière, alcoolisée ou non, est conviviale. Le vin n’a pas la même culture. C’est une boisson de connaisseurs avec un langage, des rituels. Les amateurs ne se tourneront pas vers le “sans-alcool” et les non-amateurs ne viendront pas au vin parce qu’il n’est pas alcoolisé », analyse Rémy Lucas, directeur de Cate marketing.

 

Le segment qui tire la catégorie vers le haut est sans conteste les pétillants. Mais le produit, dans sa globalité, peine à décoller. À regarder les chiffres de l’Observatoire des boissons C10 datant de février 2020, la pénétration est en effet plus que limitée. Entre février 2019 et février 2020, seuls 2 076 cols ont été commercialisés dans 87 points de vente ! De nouveaux entrants pourraient donner un coup de fouet à la catégorie. À l’image des brasseurs, les néo-producteurs font un travail de fond sur les qualités organoleptiques de leurs vins. Témoin la marque le Petit béret, lancée par Dominique Laporte, meilleur sommelier de France. Sa gamme, déclinée dans les trois couleurs, avec ou sans bulles, coche toutes les cases pour séduire les plus jeunes : sans alcool, biologique, végane et peu sucré. « Nous nous sommes positionnés tôt sur ce marché en proposant dès 2018 la marque Pierre Zéro, proposée par le producteur Pierre Chavin », explique Anne Bloch, directrice des achats et des catégories chez France boissons. Les best-sellers : le pétillant et, étonnamment, le rouge.

 

Belle vitalité des spiritueux

Plus récents et confidentiels, les spiritueux sans alcool font preuve d’une belle vitalité. « Ils ont le vent en poupe, affirme Anne Bloch. Gin sans alcool, vermouths sans alcool… Les producteurs ne manquent pas de créativité ! Nous avons cette année référencé deux gins sans alcool : les Ceder’s de Pernod Ricard, et les martini sans alcool de Bacardi Martini. » Trouveront-ils leur public ? Si les volumes restent marginaux avec 27 448 cols, d’après l’Observatoire C10, c’est tout de même dix fois plus que les vins. Rémy Lucas est dubitatif. « Il y a des modes dont on parle beaucoup et qui semblent très tendances. Le sans-alcool, le végétal… Elles sont dans la réalité beaucoup moins avancées qu’on ne le dit. Les consommateurs sont plein de bonne volonté, mais la réalité est qu’ils continuent de boire de la bière et du vin ! »

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