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MonBento, des lunchboxes pour repenser la cantine scolaire et doper le réemploi en restauration commerciale

SABINE DURAND
MonBento, des lunchboxes pour repenser la cantine scolaire et doper le réemploi en restauration commerciale

© @shisodelicious

L’entreprise clermontoise de lunchboxes commence à se déployer en restauration en France. Dans le scolaire, portée par la crise sanitaire, mais aussi en commerciale, aidée par le contexte réglementaire et environnemental. Elle vient d’ailleurs de développer Horeca Pro, une offre spécifique, comme l’explique son président et co-fondateur, Fabien Marret.


A Clermont-Ferrand (siège social de MonBento), le Cours Saint-Louis propose des repas en lunchboxes MonBento depuis quelques mois, pouvez-vous nous expliquer ?
Dans cette petite école primaire (60 élèves), innovante, avec une maternelle Montessori, nous avons créé un pilote en septembre, qui s'inscrit dans le développement durable et le respect des conditions sanitaires. Les élèves prennent leur repas dans leur classe, dans des lunchboxes, l’une pour l’entrée et le dessert, l’autre, isotherme, pour le plat servi chaud. Les enfants se sont vite habitués ; ils aiment bien ouvrir  leur boîte et découvrir ce qu’il y a à l’intérieur. Les enseignants, eux, apprécient une pause-déjeuner plus calme, et sans mouvement de masse. 
 
Concrètement comment s’organise cette pause déjeuner ?
Engagés en faveur de l’alimentation durable, nous voulions que les enfants puissent manger un repas préparé à proximité, avec des produits sains et nous avons choisi un restaurateur en phase avec ces valeurs, Api Restauration. Les lunchoxes sont ensuite livrées  en vélo-cargo par les Colis Verts et ramenées de la même manière.
 
 
Le nombre d’élèves concernés par cette expérimentation est limité ?
Effectivement, ils étaient une quinzaine au départ, 20/25 aujourd’hui. L’idée, c’est de généraliser ce service à tous les élèves du Cours Saint Louis qui le souhaitent, puis à d’autres écoles et de l’inscrire dans la durée, même après la fin de la crise de la Covid. 
 
Pensez-vous réellement que ce type de solution puisse être développé à grande échelle ?
C’est tout à fait possible : plus il y a de monde qui y a recours, plus il y a de points de collecte, plus ça fonctionne. Aux Pays-Bas, ils le font très bien et depuis longtemps. Nous sommes ainsi en discussion avec la mairie clermontoise pour pousser cette solution de réemploi pour la vente à emporter et la livraison à l’échelle de la ville. 
 
Quid du coût ?
Le coût des lunchboxes est marginal, lissé par le nombre de repas servis. Il est de quelques centimes d’euros. En termes d'organisation, le restaurateur peut gérer lui-même le réemploi et les flux de contenants, ou nous demander de lui recommander un partenaire adapté à la typologie de sa structure. Il s'agit de trouver le meilleur modèle économique.
 
Vous accompagnez aussi la restauration commerciale, notamment à Singapour. Et en France ?
Nous sommes en test dans 65 restaurants parisiens depuis fin janvier : les consommateurs se font livrer ou viennent chercher leur repas servis dans un monbento, scannent la boîte remplie, la rapportent ensuite dans n’importe lequel de ces établissements. La boucle de la consigne et du réemploi est orchestrée par le partenaire qui s’occupe déjà du parc de restaurants de Singapour, barepack. Il assure la traçabilité des boîtes avec son application. C’est un service global qui, in fine, coûte moins cher que si le restaurateur utilisait du jetable. Et qui permet d’économiser énormément de déchets. Une centaine d’établissements permettent à une ville d’économiser jusqu’à 45000 € dans la gestion de ses déchets, une somme qui peut être réinjectée ailleurs, par exemple dans l'équilibre financier de ce système de réemploi.. 
 
Mais il faut que ces contenants soient lavés, qui s’en charge ?
Soit c’est le restaurateur, c’est par exemple le cas de 95 % d’entre eux à Singapour, soit ça n’est pas possible et donc le lavage est externalisé… Des partenaires locaux existent un peu partout en France désormais.
 
Quels sont les freins au déploiement de cette solution ?
Il n’y en a pas ; c’est seulement qu’elle n’est pas connue des professionnels. Nous serons au Sirha en septembre 2021 pour la présenter avant un déploiement assez large d’ici à la fin de l’année. A cette intention, nous avons créé une gamme spécifique de bols et bentos pour les professionnels de la restauration, Horeca Pro : 100 % made in France, les boîtes en Tritan, PBT et PP ont été conçues pour avoir une durée de vie importante, résister à de multiples manipulations, être empilables pour réduire l’encombrement, et sont dotées de couvercles transparents. 
Carte d’identité de Monbento
Création : 2009
Effectif : 50 personnes en France, 18 en Chine
Chiffre d'affaires : 10 M€, réalisés pour un tiers en France, un tiers en Chine, le reste aux Etats-Unis, en Allemagne et près de 70 pays dans le monde. 
Appartenance : à la famille Peugeot depuis 2018
 

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