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MESURES OU M ESURETTES ?

Jean-François Vuillerme (et la rédaction)

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MESURES OU M ESURETTES ?

© MAXPPP

Scepticisme, attentisme... le plan d'urgence pour l'emploi décrété par le gouvernement suscite peu d'enthousiasme chez les chefs d'entreprise, qui reconnaissent toutefois le potentiel d'efficacité de certaines mesures. Réactions et réflexions.

Février 2003 : Dominique de Villepin fait vibrer les Nations Unies avec son plaidoyer pour le désarmement de l'Irak dans la paix. Juin 2005 : dévoilé à l'Assemblée nationale, son plan d'action « pour gagner la bataille de l'emploi » laisse cette fois les milieux socio-économiques français circonspects, voire hostiles s'agissant de plusieurs syndicats de salariés. Deux organisations patronales, l'UPA et la CGPME, réservent malgré tout un accueil plutôt favorable à ses mesures ciblées.

Mais, sur le terrain, même les patrons des TPE (très petites entreprises, comptant moins de 20 salariés), pourtant premiers bénéficiaires du plan Borloo-Villepin, ne semblent pas vraiment convaincus. Selon une étude Ifop/Fiducial réalisée sur un échantillon représentatif de 500 dirigeants de TPE et publiée le 19 juin, 55 % considèrent que ces mesures ne répondent pas à leurs préoccupations. Les condamnent-ils pour autant ? Non, paradoxalement. Car interrogés sur chacune d'elles, ils sont 54 % à approuver le contrat « nouvelle embauche » ainsi que le crédit d'impôt de 1 000EE pour les jeunes choisissant un secteur en difficulté de recrutement. Ils sont même 74 % à juger le chèque emploi efficace pour lutter contre le chômage. Autant d'opinions de patrons plutôt encourageantes pour les visées du Premier ministre. Car, au final, 20 % d'entre eux se disent même ainsi « incités » à embaucher.

à ce point, faisons un rêve ! Que 20 % des quelque 2,5 millions de TPE (96 % des entreprises françaises) créent chacune 1 poste net et voilà 500 000 emplois supplémentaires. C'est le volume d'emplois disponible aujourd'hui dans l'Hexagone...

bien des esprits restent fixés sur bruxelles et la tva à taux réduit

Les chefs d'entreprise de l'hôtellerie-restauration n'échappent pas non plus à ce scepticisme nuancé. Certains, tout d'abord, trouvent ce plan bien timoré et préféreraient des traitements de choc. « Je ne peux pas applaudir ces mesurettes, ce sont des très petites choses, déplore Paul Dubrule, coprésident-fondateur d'Accor [...]. Il y a tellement plus à faire. Il faut donner plus de liberté et de la facilité pour embaucher - et débaucher aussi bien sûr... Comme il y aurait plus de fluidité, celui qui serait débauché retrouverait aussi plus facilement du travail. » Conclusion de Paul Dubrule : révisons le code du travail. Code auquel Dominique de Villepin n'ose pas s'attaquer, au nom de la préservation du « modèle social français ». « Avec ces mesures, on est toujours dans le social, avec un petit pas vers le libéral, analyse pourtant Alain Jacob, consultant en ressources humaines. Ainsi la période initiale de deux ans du contrat "nouvelle embauche" paraît une bonne chose pour le salarié et l'entreprise. »

Dans l'hôtellerie-restauration indépendante, le scepticisme est d'autant plus fort que les esprits sont ailleurs, vers Bruxelles... Comme celui de Gérard Gasquet, propriétaire de La Vallée bleue, dans l'Indre. « Je me suis vivement engagé sur la baisse de la TVA, assure-t-il. J'ai écrit aux pouvoirs publics pour leur signifier mon intention d'embaucher en cas de succès. Alors, vous savez, je reste très perplexe face à toutes les propositions nouvelles. » Même moral bas chez Catherine Leymarie, propriétaire du Logis de France l'Auberge de la Truffe, en Dordogne : « Ces mesures partent d'un bon sentiment, mais ne constituent en rien un ballon d'oxygène. Pour traiter le fond du problème, que nos politiques baissent la TVA ! » Elle[…]

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