Meryem Cherkaoui, le retour à l'essentiel

ISABEL SOUBELET

Sujets relatifs :

Meryem Cherkaoui, le retour à l'essentiel

Formée à l'Institut Paul-Bocuse, Meryem Cherkaoui, riche de sa double culture franco-marocaine, prône une cuisine simple au plus près des produits et des saveurs.

Originaire de Rabat, Meryem Cherkaoui, bac scientifique en poche, quitte le Maroc pour venir se former en France, à l'Institut Paul-Bocuse. « J'ai eu un véritable coup de coeur quand j'ai visité cette école, j'ai su que c'était mon chemin, confie-t-elle. À l'époque, je n'ai pas perçu le côté dur du métier, j'étais là pour apprendre. » Et elle apprend vite. Une fois diplômée en 1999, elle fait ses armes dans les palaces français - Le Majestic, à Cannes, et Le Crillon, à Paris -, avant de retourner au Maroc.

Élevée dans la culture de l'entrepreneuriat, elle ouvre, à 24 ans, son établissement Maison Gourmet, à Casablanca. Alors propriétaire et chef de cuisine, elle apprend tout en faisant. « J'ai appliqué la technicité française - notamment pour les cuissons - à la cuisine marocaine, afin de la réinventer, de la rendre plus actuelle et plus équilibrée, précise-t-elle. Au départ, j'ai été pas mal contrée, car la cuisine marocaine est une cuisine familiale de plats à partager, et quasiment intouchable ! Mais j'ai réalisé une cuisine autodidacte en me servant de mes souvenirs d'enfance. »

De cette enfance passée à la ferme familiale à Salé, près de Rabat, elle se souvient des grandes tables le week-end, couvertes de produits de qualité savoureux liés à chaque saison. Soupe de lentilles ou de cardons, artichauts sauvages, côtes d'agneau confites à l'huile d'olive et à la coriandre, tagines de haricots verts avec une palette de condiments... Avec sa pastilla au confit de canard et foie gras, un de ses plats signatures, elle intègre rapidement la « famille des chefs ».

LOIN DE LA FRÉNÉSIE MÉDIATIQUE

Elle ouvre son école de cuisine, participe à des festivals culinaires et séminaires gastronomiques à travers le monde, intervient dans des émissions télévisées... Puis la cheffe s'écarte de cette frénésie. Depuis 2011, elle n'a plus d'établissement. « Je suis revenue à la terre, aux choses essentielles, à la simplicité. Cela a toujours primé pour moi. C'est par le produit que je suis arrivée à la cuisine. » Elle a créé une marque d'épicerie fine du terroir marocain en collaboration avec des coopératives de femmes et accompagne de nombreux professionnels. Marraine de l'édition 2020 du salon Food'in Sud, à Marseille, aux côtés du très courtisé chef Alexandre Mazzia, elle sourit d'un oeil pétillant quand on évoque la tendance locavore. « Je ne suis pas dans la tendance, rechercher le meilleur produit le plus près, c'est ce que j'ai toujours fait ! »

« Rechercher le meilleur produit le plus près, c'est ce que j'ai toujours fait ! »

Bienvenue !

Vous êtes désormais inscrit. Vous recevrez prochainement notre newsletter hebdomadaire NEORESTAURATION.

Nous vous recommandons

Édouard Chouteau, le Nord pour fil conducteur

Édouard Chouteau, le Nord pour fil conducteur

Après avoir fait ses armes auprès de grands noms comme Pierre Gagnaire, Éric Fréchon et Alain Passard, ce fils de restaurateurs se laisse happer par La Laiterie, institution lilloise depuis 1903.Quand, à 27 ans, Édouard Chouteau...

09/06/2022 |
Palmares Gault & Millau : Hugo Roellinger élu cuisinier de l’année 2022

Palmares Gault & Millau : Hugo Roellinger élu cuisinier de l’année 2022

Julien Dugourd :« Mes pâtisseries, mon parcours, ma résilience »

Julien Dugourd :« Mes pâtisseries, mon parcours, ma résilience »

Matthieu Girardon élu « Chef Espoir de l’Année »  aux Trophées de la Gastronomie & des Vins

Matthieu Girardon élu « Chef Espoir de l’Année » aux Trophées de la Gastronomie & des Vins

Plus d'articles