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Magali Filhue, déléguée générale de la FEB, « la pérennité des entreprises de boulangerie-pâtisserie est menacée »

SABINE DURAND

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Magali Filhue, déléguée générale de la FEB, « la pérennité des entreprises de boulangerie-pâtisserie est menacée »

Les entreprises et magasins de la boulangerie-pâtisserie ont été fortement impactés par la fermeture et la baisse d’activité de la restauration, la fermeture des aéroports, des centres commerciaux, le développement du télétravail et les confinements et couvre-feux. Magali Filhue, déléguée générale de la FEB depuis novembre 2020, détaille la situation…

Comment se portent les adhérents de la FEB ?

Nos entreprises de boulangerie-pâtisserie souffrent énormément ; elles ont perdu entre 30 % et 80 % de leur chiffre d’affaires en 2020. Et plus elles sont spécialisées sur le hors-domicile, plus c’est compliqué, à cause des fermetures administratives des cafés-hôtels-restaurants, des baisses d’activité importantes dans la restauration d’entreprise, la restauration scolaire, universitaire etc. Et comme leurs produits sont des produits frais, les pertes sont considérables. D'après un sondage que nous avons réalisé, 50% constatent une aggravation de leur situation financière suite au deuxième confinement et au couvre-feu. 

Et les magasins ?

Ils souffrent aussi, impactés par la fermeture des centres commerciaux, des aéroports, le télétravail, et donc la baisse des ventes de snacking. Au global, au 4e trimestre 2020, ils sont à - 16 % sur la France, à - 40 % sur Paris (Cf graphique). Et ça c’est sans compter le couvre-feu à 18h instauré depuis le 7 janvier 2021, les boulangeries-pâtisseries enregistrant 25 à 30 % de leur chiffre d’affaires après 18 h notamment dans les grandes agglomérations. La baisse de volume d’affaires concerne toutes les familles de produits.

Toutes les familles de produits sont à la baisse. Si l’on regarde par région, l’Est de la France est un peu moins à la peine, avec une baisse des ventes de - 7,8 % (et même un - 3,4 % pour la pâtisserie) ; l’Ouest enregistre des baisses deux fois supérieures avec - 14,7 %. Quant à Paris, la chute y est très forte (-38,5 % au global, et même -41,6% pour la viennoiserie et l’activité traiteurs).
 

Pour faire face à cette situation, qu’attendez-vous des pouvoirs publics ? 

Les mesures d’accompagnement des pouvoirs publics ont permis de maintenir, sur les premiers mois de crise, certaines activités. Néanmoins, les critères restrictifs des mesures d’accompagnement font que beaucoup d’entreprises, après presqu’une année d’activité restreinte et en dents de scie, se trouvent extrêmement fragilisées, empêchées d’investir, d’innover et de croître.

En dehors du chômage partiel (57 % des entreprises adhérentes de la FEB y ont recours), des PGE que nos entreprises ont été très nombreuses à actionner, nous souhaiterions qu’elles puissent intégrer la liste S1bis (la liste des activités dépendantes des entreprises fermées administrativement et qui, à ce titre, bénéficient de mesures de soutien renforcées), qui est actualisée régulièrement. Et surtout, nous sommes très attentifs à la promesse faite par le ministre de l’Economie Bruno Le Maire de soutien sur les charges fixes. C’est essentiel pour nos entreprises, car elles ne sont pas fermées et la diminution de leur chiffre d’affaires implique proportionnellement une augmentation de leurs charges fixes, loyers, transport, outils industriels... Nous aimerions aussi plus de souplesse sur les ouvertures de magasins (une proposition de loi du député Jean-Luc Warsmann visant à offrir plus de souplesse aux boulangers et pâtissiers souhaitant ouvrir tous les jours de la semaine  a été enregistrée à la Présidence de l’Assemblée nationale  le 9 février 2021, ndlR), dans le respect du volontariat des salariés évidemment.

Propos recueillis le 24 février 2021

C’est quoi la FEB ?

La Fédération des entreprises de boulangerie regroupe 140 sites de production et près de 1200 magasins intégrés ou franchisés. 

Les entreprises du secteur se caractérisent par une forte intensité capitalistique et de nombreux emplois qualifiés (46 000 salariés, 8,2 milliards € de CA…)

 
 

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