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Les Millenials : non-coupables de la destruction de la gastronomie française

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Les Millenials : non-coupables de la destruction de la gastronomie française

© (c) Adiruch | Dreamstime.com

En septembre, 470 étudiants de première année du programme Grande Ecole d'Audencia Business School ont été accueillis pour une rentrée sous le signe de la gastronomie, des tendances d’achat et de consommation alimentaire de leur propre génération, les millenials.

 

 

Sous la forme d’un procès d’assises animé par des comédiens professionnels, avec témoins à la clé représentés par des acteurs professionnels du secteur, les étudiants ont dû établir un verdict : les millenials sont-ils responsables de la destruction de la gastronomie française ? La génération des 18-25 ans est accusée de controverser et malmener le patrimoine gastronomique français.

Durant ce procès, différentes problématiques ont été abordées : quelles sont les habitudes de consommation des 18-30 ans ? Quels changements par rapport aux pratiques des générations précédentes ? Comment évoluera l’industrie agro-alimentaire et la gastronomie demain ?

Les interventions des experts ont prouvé que contrairement aux idées reçues, cette génération était particulièrement concernée par la transparence du marché de l’agro-alimentaire comme par la qualité et la provenance des produits. La gastronomie reste, pour ces futurs diplômés un secteur prometteur, synonyme d’innovation, de créativité et de challenges.  

Ce qu’il faut retenir

Les mêmes valeurs de partage que les générations précédentes

Pour Guillaume Maccotta, Chef du restaurant Lamacotte à Nantes, l’envie de création et de transformation des produits motive ses jeunes équipes. Le partage et l’artisanat sont des passions communes aux anciennes comme aux nouvelles générations. L’envie des jeunes qui l’entourent dans son restaurant est de bousculer le quotidien et les envies des clients. Ces mêmes clients, qui peuvent avoir 25 ans comme 65. Ses collaborateurs sont très réceptifs aux valeurs de partage que pouvait avoir la précédente génération de restaurateurs. La jeunesse d’aujourd’hui va au marché, la « junk food » occasionnelle cohabite avec des usages plus traditionnels.

Les nouveaux et anciens services cohabitent

Charles d’Harambure, Directeur marketing de Foodora France, juge le marché de la foodtech très dynamique car la demande est forte. Auparavant, il y avait très peu de choix en termes de livraison (pizza ou sushis en 2h). Ce modèle a été totalement chamboulé : on peut avoir accès à tout type de cuisine, de qualité, de chez soi et surtout, très rapidement. Le but n’est pas de remplacer le restaurant mais de fournir un produit de complément, pour des occasions différentes. On parle de « fast good » mais pas de « fast food » : la qualité prime, pour des besoins de consommation nouveaux.

Les nouveautés sont digitales

Selon, Alexandre Kipp, Fondateur de Tentation Fromage, première place de marché à destination des fromagers et crémiers français, le marché du fromage n’a pas évolué depuis 50 ans. Or, les consommateurs d’aujourd’hui sont fortement digitalisés. Cette génération n’achète plus comme nos parents ou grands-parents. Permettre à des fromagers de vendre leurs produits sur Internet, c’est surtout une volonté de simplifier la façon de consommer pour les clients. L’idée aujourd’hui, c’est le « cross canal » : apporter des services supplémentaires, qui vont parler à la nouvelle génération.

Réussir à concilier manque de temps et contact direct avec les professionnels

Amélie Saillet est la fondatrice de Saveurs Détonantes, qui regroupe des artisans entre Nantes et Saint-Nazaire dans le domaine de la gastronomie. Les notions de RSE et « local » se développent de plus en plus. Les modes de consommation évoluent, les habitudes changent. Les consommateurs aiment aller au contact du professionnel, mais ne disposent que de peu de temps. Il faut aujourd’hui rendre accessible des produits qualitatifs, à destination des consommateurs qui n’ont pas le temps de se déplacer.

Le temps de "l'inter-échange" : les marques à l’écoute des consommateurs

Pour Guillaume Marolleau, Responsable digital et expériences consommateurs de Fleury Michon, le devoir d’une marque agro-alimentaire est de nourrir le plus grand nombre de personnes. Aujourd’hui, de nouveaux modes d’alimentation et de consommation nécessitent de nouveaux produits. L’objectif reste de satisfaire le plus grand nombre en proposant des produits accessibles et de qualité. Nous sommes dans une époque d’« inter échange ». Les marques repensent au quotidien leur façon de travailler pour regagner la confiance du consommateur. On écoute enfin les consommateurs depuis l’arrivée des réseaux sociaux, le consommateur est devenu un égal. Les entreprises qui ne prennent pas le virage digital disparaitront.

L’engagement contre le gaspillage alimentaire

Marine Louessard, Responsable Grand-Ouest de l’application Too Good to go, lutte contre le gaspillage alimentaire. La start-up propose les invendus de commerçants locaux sous forme de paniers surprise et à petits prix aux consommateurs. L’objectif est d’aller découvrir des produits directement chez les commerçants. La gastronomie, c’est aussi de se laisser surprendre par de nouvelles saveurs. Les consommateurs choisissent ici de s’engager contre le gaspillage alimentaire tout en découvrant de nouvelles saveurs. L’équipe tout comme les clients de la start-up sont relativement jeunes : entre 25 et 35 ans en moyenne.

Les métiers artisanaux « de la bouche » séduisent les cadres

Jean-Laurent Cassely, auteur de l’essai « La révolte des premiers de la classe », souligne l’importance des métiers artisanaux qui intéressent de plus en plus les cadres supérieurs. Ces derniers, en minorité tout de même, quittent des postes à haut niveau pour ouvrir des petits commerces ou des restaurants. Ce phénomène représente une minorité de profils, mais va s’étendre, car les causes sont profondes. En effet, cela fait des années qu’un malaise se fait voir du côté des cadres. En outre, la jeune génération est vraiment demandeuse d’une offre gastronomique, c’est un marché très porteur, notamment dans la revalorisation de la street food.

Les jeunes cuisinent autant que leurs aînés

Anne-Claire Long, Reporter de la tribu Michel et Augustin considère que la société a trop codifié notre façon de consommer. Michel et Augustin propose de révolutionner notre façon de consommer, sans « doctorat de chimie » pour déchiffrer les étiquettes. Elle pose plusieurs questions à l’assemblée : « Qui a envie de prendre des cours de pâtisserie ? », « Qui suit des pâtissiers sur Instagram ? ». Les réponses montrent que beaucoup de jeunes veulent préparer leurs repas eux-mêmes, laissant au placard les produits préparés et autres kebabs.

 

En résumé, les millenials sont très réceptifs aux nouveaux modes de consommation et de livraison, mais sont tout aussi exigeants, voire davantage, sur la qualité et la traçabilité des produits. Contrairement aux idées reçues, la junk food n’est pas la tendance alimentaire majoritaire des jeunes. L’essor et le pouvoir des réseaux sociaux a forcé les marques à être plus authentiques et à revoir leur cuisine pour ne pas ruiner leur réputation en quelques tweets. L’impact sociétal prend une place importante à travers la lutte contre le gaspillage alimentaire et l’importance des circuits cours.

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