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Les inox ferritiques font débat

Paul Fedèle

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Les inox ferritiques font débat

Echelle Bourgeat

© © DENIS/REA

EQUIPEMENTS. Avec la poussée de fièvre tarifaire qui touche les aciers austénitiques depuis début 2006, portée principalement par la spéculation sur le nickel, la profession s'interroge sur les propriétés d'alliages de substitution.

Les aciers inoxydables de type austénitiques (304 et 316), ceux que l'on appelle les Inox 18-10 (avec 18 % de chrome et 10 % de nickel) et qui restent LA référence en cuisine (appareils de cuisson, mobilier et équipement de manutention, armoires froides...), connaissent depuis 2 ans une inflation sans commune mesure. Tandis que le nickel, l'une des composantes majeures du 18-10, coté au LME (London Metal Exchange), se négociait à 6 000 $ la tonne début 2002, il dépassait les 16 000 $ début 2006 pour crever un plafond de 53 000 $ en août 2007. Même s'il entre pour 10 % du mélange, le ratio de calcul de base du prix de l'inox est fortement influencé par cet extra-alliage. Alors que la fièvre est pour le moment un peu retombée sur les prix, d'aucuns se demandent jusqu'à quand ? Car cette instabilité est portée par deux effets combinés : la demande mondiale en matières premières des pays en fort développement, la Chine en tête. Mais surtout la spéculation qui sévit sur les extra-alliages tel le nickel.

RÉSISTANCE À LA CORROSION

C'est la brutalité et l'amplitude des hausses qui a ébranlé toute la filière. De quoi remettre en question bien des modèles. Les constructeurs ont dû digérer près de 144 % d'augmentation entre janvier 2006 et juillet 2007 avec plus ou moins d'impact sur leurs marges, selon le poids de l'inox dans le coût de revient de leur fabrication. Les installateurs contraints de maintenir leur prix dans le cadre d'appels d'offres ont vu leurs marges fondre. Difficile aussi aux maîtres d'ouvrage de tenir leur budget. Résultat : de nombreux appels d'offres infructueux. Bref, cet électrochoc a bousculé une industrie routinière qui ne s'était pas vraiment remise en cause sur les matériaux utilisés. Et d'ailleurs pourquoi l'aurait-elle fait ? Puisque les fabricants français ont bâti leur différence sur la qualité de leurs produits en inox 18-10, ces fameux austénitiques AISI 304 et 316. Jusque-là, rien ne justifiait d'en changer même si les Cassandre prétendaient qu'on fabriquait en France une « surqualité » par rapport aux besoins réels.

Une évolution vers des matières à composante moins spéculative ou moins onéreuse semble l'une des voies pour rester compétitif. Mais les nouvelles nuances d'inox proposées sans nickel intéressent autant qu'elles posent de questions. Au premier rang desquels leurs qualités réelles du point de vue de la résistance à la corrosion. Parmi les ferritiques dont on parle beaucoup, il y a le F18TNb d'Ugine-Alz (ArcelorMittal) sans nickel, rebaptisé K41 (gamme Kara). Il faut sortir de l'amalgame qui touche les ferritiques, encore synonymes d'acier bas de gamme. « Une confusion qui n'a plus lieu d'être », insiste-t-on chez l'aciériste. Le F17 (fer + 17 % de chrome), qui a nourri cette mauvaise réputation, a lui-même généré de nouvelles nuances résistantes aux piqûres de corrosion, comme le F17Mbd. Mais d'autres extra-alliages, tel le titane associé au nobium, ont permis à l'inox de conserver, voire améliorer certaines de ses propriétés tout en gagnant sur la stabilité tarifaire.

« Le cours du nickel est imprévisible et ne se négociera plus aux conditions de 2002. Ce qui doit pousser les fabricants à apprendre à connaître les nouvelles matières », explique Françoise Haegeli, ingénieur développement en charge des aciers inoxydables sur les secteurs des collectivités chez Ugine-Alz. Et l'ingénieur de comprendre les réserves des fabricants qui ont la culture d'un matériau (le 304) facile à usiner, à souder, à plier, à emboutir auxquels on propose un acier (K40) moins permissif avec des paramètres de soudage plus stricts, des outils et des procédures différents. Mais le jeu n'en vaut-il pas la chandelle avec un matériau de qualité alimentaire qui se comporte mieux qu'un 304 à la chaleur, résiste à l'eau, au sel et présente une bonne recyclabilité en fin de vie ? D'autant que ces nuances, proposées aujourd'hui à la grande cuisine, sont déjà largement répandues dans l'automobile pour les pots catalytiques[…]

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