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Les ados, une clientèle déjà avertie

Isabel Soubelet

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Les ados, une clientèle déjà avertie

Manger au restaurant c'est souvent pour fêter quelque chose, c'est un événement, un moment qui marque

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Attachés à leur apparence et assez conscients du rôle de l'alimentation sur leur corps, les 12-17 ans arbitrent entre les différents modes de restauration. Et effectuent leur choix en fonction du contexte.

 

"Nous assistons à une perturbation de la transmission culturelle, à une perte de la socialisation alimentaire. La modification de la famille entraînant une autonomisation plus grande des adolescents. Par ailleurs, l'importance du paraître et la logique de séduction n'ont jamais été aussi importantes. Les 12-17 ans vivent, en fait, une étape particulière qui génère une cristallisation sur des aspects alimentaires. Nous constatons que l'alimentation n'a jamais été aussi forte, mais que s'alimenter est devenu complexe », explique Tristan Benhaïm, vice-président de Sociovision. Dans un environnement où les prestataires et les messages publicitaires scrutent très précisément la cible des ados, ces derniers effectuent leur choix en fonction du type de repas, en famille ou entre copains. Et demeurent enclins à la découverte culinaire.

« Quand je suis avec des amis, je vais au McDo. C'est pratique, rapide et cela permet d'avoir du temps pour faire autre chose », déclare Margaux, 14 ans, à Paris.

 

Fast-food : le choix de la rapidité

Les adolescents plébiscitent le fast-food pour sa praticité et ses tarifs, compatibles avec leur budget. Mais c'est rarement le lieu où ils restent longtemps et s'installent. C'est un passage, un moment parmi d'autres dans une journée avec les copains. Le fast-food permet aussi d'emporter le repas chez soi. « Nous y allons peu avec mes parents, nous choisissons plutôt le drive-in », précise Emmanuelle, 15 ans, à Lyon. La consommation nomade n'est pas réservée aux adultes. Elle commence très tôt. À l'adolescence, elle prend une signification toute particulière puisque le jeune cherche souvent à prendre de la distance avec le modèle parental. Il souhaite établir des règles et des repères gustatifs qui lui sont propres et qui marquent un développement de son autonomie. Il est clair que c'est une étape de forte modification physique qui entraîne un bouleversement des habitudes alimentaires et des besoins énergétiques accrus. Manger sans contrainte, sur un coin de table, acheter des produits conditionnés pour être emportés avec soi sont des habitudes qui correspondent aux ados.

 

Ouverts à la nouveauté

Se servir soi-même, composer son assiette, voire son repas de A à Z en toute liberté est une formule qu'ils affectionnent. « J'aime les buffets et les selfs car je peux organiser moi-même mon repas avec les quantités qui me conviennent. C'est bien, car j'ai souvent le sentiment d'avoir très faim au moment de passer à table mais je suis vite rassasiée », confie Emmanuelle.

Chinoise, japonaise, tex-mex... les cuisines du monde sont loin de rebuter les adolescents, au contraire. Ces derniers sont curieux de découvertes et ouverts à la nouveauté. « J'aime beaucoup le restaurant chinois, car je peux manger avec des baguettes et la cuisine est vraiment différente. Elle mélange les goûts salés et sucrés », s'enthousiasme Sarah, 14 ans, dans le Val-d'Oise. Porc au caramel, poulet à l'ananas, nems... Des intitulés qui, sur la carte, retiennent l'attention des jeunes convives. La curiosité alimentaire, le développement du goût et l'intérêt pour d'autres plats que ceux de la maison commencent très tôt. « J'apprécie les plats épicés et relevés comme les plats mexicains, cela change vraiment du quotidien », renchérit Kevin, 17 ans, à Lyon. « Pour les adolescents, la façon de manger permet de s'intégrer, d'appartenir à un groupe voire à une tribu. Se rendre au restaurant est, pour eux, un moyen d'entrer dans le monde des adultes », argumente Laure de Noyer, directeur général de Ludi*lab, société de marketing et communication spécialiste du jeune public et des familles. Certains ont même le palais déjà bien aiguisé. « J'aime faire la cuisine et bien manger. Aller au restaurant, c'est un moyen de découvrir des plats plus élaborés, c'est une façon de goûter des choses inconnues », souligne Léonard, 17 ans, dans les Hauts-de-Seine.

 

Un public sensible aux égards

Sortir du quotidien, se faire servir, avoir le choix, la « sortie au restau » permet de rompre avec les habitudes. « C'est une façon de passer à autre chose, de changer de cadre. Mais cela doit rester exceptionnel », déclare Julie, 17 ans, à Paris.

Les ados sont des clients à part entière. Et déjà avertis. Ils sont sensibles à la prestation globale et prennent en compte la totalité du service restauration. Avec, en priorité, un avis sur le contenu de l'assiette mais sans négliger d'autres paramètres qui ont leur importance pour juger un établissement. « J'apprécie quand le restaurant offre un peu d'intimité et propose une table dans un petit box pour pouvoir discuter », juge Sarah.Et quand ils sortent en famille, dans le cadre d'un événement à fêter, tous les détails ont leur importance. « Je suis sensible à la présentation des tables, au décor et au choix du matériel plutôt design », confirme Laëtitia, 15 ans, dans le Val-d'Oise. Le regard des ados se porte également sur le service. « C'est agréable quand le serveur est aimable, qu'il n'est pas trop pressé pour prendre les commandes », confirme Kevin. Comme tout client, les ados ont à l'esprit les critères de qualité d'un restaurant. Et les passent au crible, sans indulgence envers les professionnels.

Les goûts des 12-17 ans
  • Ils aiment aller au restaurant car c'est convivial.
  • Ils affectionnent le fast-food pour son côté rapide, pratique et bon marché lors des sorties entre copains.
  • Ils sont plutôt enthousiastes à l'idée de découvrir des cuisines et plats étrangers (chinois, italiens, japonais...).
  • Ils sont assez sensibles la qualité du service et surtout au comportement des serveurs.
  • Ils apprécient la « sortie restau » puisqu'elle diffère du quotidien et demeure l'exception dans leurs habitudes alimentaires.
28,5 %

mangent tous les jours des sucreries > 29 % absorbent des boissons sucrées > 42 % optent quotidiennement pour des produits de l'une des deux catégories > Moins de 20 % des jeunes consomment des fruits et légumes tous les jours Source : Données françaises de l'enquête internationale Health Behaviour in school-aged Children (HBSC), menée avec le bureau régional Europe de l'OMS. L'enquête France porte sur 8185 élèves de 11, 13 et 15 ans.

«L'alimentation interesse les adolescents »

 

Quelles tendances révèle votre dernière étude ?

N. M. « En comparant les résultats de l'enquête qui analyse les comportements alimentaires des moins de 20 ans entre 2002 et 2004, nous avons observé des évolutions significatives qui amorcent une vraie tendance. On constate notamment une montée de la sensibilité de cette population à la problématique santé. De plus en plus d'adolescents déclarent faire attention à leur alimentation pour ne pas grossir (18 % en 2002, 20 % en 2004) et pour rester en bonne santé (25 % en 2002, 28 % en 2004). L'intensification du discours sur l'obésité et les nombreux messages concernant la nutrition ne semblent pas sans effet, y compris sur les adultes. Par ailleurs, 62 % des jeunes préfèrent manger en famille ou avec des amis (+ 2 %) et 84 % de leurs parents estiment que les repas doivent être pris à heures fixes et en famille. Le retour de l'alimentation à table et la réintégration des repas en famille est un mouvement qui s'amorce, tendant vers une restructuration alimentaire.

 

Quels modes de restauration remportent leur adhésion ?

 N. M. 80 % des 12-17 ans sont allés dans une enseigne de restauration rapide ou un fast-food lors des 12 derniers mois et 80 % dans un restaurant ou une cafétéria. La fréquentation des fast-foods et chaînes de restaurants reste occasionnelle chez ces jeunes puisqu'ils sont 48 % à déclarer se rendre moins de deux à trois fois par mois au fast-food et 60 % dans une cafétéria. Une habitude de fréquentation encore plus marquée chez les jeunes filles qui y vont moins souvent que les garçons. Pour les adolescents, la restauration rapide est une pratique socialisante, c'est le moyen de se retrouver entre amis et de s'émanciper par rapport aux parents. La restauration plus traditionnelle correspond davantage à une sortie en famille. Tout cela est en fait très cohérent.

 

Sources : Etude Juniors : Nouveaux enjeux alimentaires, réalisée à partir de Consojunior 2002 et 2004, échantillon de 6 817 individus âgés de 2 à 19 ans, résidant en France. Les éléments sur la restauration sont, eux, extraits de Consojunior 2004.

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