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Le snacking fait recette en France

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Le snacking fait recette en France

© Xerfi-Precepta

XERFI-PRECEPTA vient de publier une étude sous le titre : « Les enjeux et stratégies sur le marché du snacking - Bio, végétal, MDD, digitalisation, concepts dédiés… : quels leviers de croissance pour les industriels et distributeurs face aux circuits alternatifs ?»

Les sandwiches, salades, box et autres plats individuels prêts-à-consommer ou micro-ondables séduisent de plus en plus de Français pour la pause-déjeuner et même le sacro-saint dîner. Après un bond de 40% en valeur entre 2014 et 2018 (à quelque 2 milliards d’euros), les ventes des produits de snacking des rayons traiteur frais, épicerie et surgelés des GMS (grandes et moyennes surfaces) s’envoleront encore de 7% par an d’ici 2021 pour frôler les 2,5 milliards, selon les prévisions des experts de Xerfi Precepta. Ce qui en fait l’un des marchés alimentaires les plus dynamiques au pays de la gastronomie. Des facteurs démographiques et socioculturels forts - parmi lesquels la hausse du nombre de personnes vivant seules, la métropolisation de l’emploi ou encore l’accélération des rythmes de vie - favorisent l’engouement des consommateurs pour ces produits. Mais le marché du snacking est surtout un marché d’offre. Les industriels rivalisent en effet d’imagination pour renouveler leur gamme et élaborer de nouveaux produits. Dans ce contexte, le nombre de références disponibles ne cesse d’augmenter, en particulier au rayon frais. Le foisonnement de nouvelles offres, en marques nationales comme en MDD, alimentera les pressions concurrentielles et tarifaires. Ce qui pèsera sur les marges. Les industriels doivent en outre s’adapter aux attentes des Français en matière de « manger sain et responsable » mais aussi à une compétition extra-sectorielle de plus en plus vive (restauration rapide, plateformes de livraison, boulangeries…).

 

Déjà, plusieurs industriels ont pris le virage du manger sain, du végétal et du bio. C’est ce qu’illustrent la multiplication des références veggie pour séduire les flexitariens et des approvisionnements forcément sécurisés. La mise au point de gammes ultra-fraîches, sans conservateurs et avec des DLC très courtes, est un autre défi à relever. A cet égard, L’Esprit Frais, entité du pôle « ventes avec services » de Fleury Michon, a une longueur d’avance sur ses concurrents avec ses solutions repas ultra-fraîches associées à des services clés main pour les distributeurs (livraison, mise en rayon) et adressées aux enseignes implantées en zones urbaines.

Ces efforts d’innovation et d’adaptation des offres s’accompagnent d’un discours plus musclé autour des valeurs de confiance et de transparence. Il s’agit en effet de recréer du lien avec le consommateur et de désintermédier une relation client jusqu’ici restée l’apanage du distributeur. Plus récemment, les industriels du snacking se sont engagés dans une démarche de certification. Ils n’oublient pas non plus de placer leurs pions sur le terrain de l’information nutritionnelle pour valoriser les démarches qualités de la filière.

La concurrence monte d’un cran

Les enseignes alimentaires, qui ont l’habitude de se battre sur le terrain des prix, seront en effet confrontées à un enjeu de différenciation pour engager durablement le consommateur. C’est particulièrement vrai au rayon snacking où les offres sont globalement plutôt banalisées. La course aux parts de marché se jouera donc sur l’intégration d’offres et de services exclusifs. C’est le sens de la mutation des concepts de proximité vers la restauration. Après avoir maillé le territoire de leurs supérettes, en particulier dans les zones urbaines, certains distributeurs se sont engouffrés sur le marché de la restauration à l’aide de concepts dédiés, tels que Bon App ! de Carrefour (du nom de sa MDD snacking).

 

Les distributeurs alimentaires se heurteront toujours à la compétition de la restauration rapide, qui ne cesse de monter en puissance en zone urbaine grâce à sa capacité d’innovation et à un maillage territorial de plus en plus fin. Outre sa force de frappe sans équivalent, la profession a de fait montré sa capacité d’innovation, de renouvellement et d’adaptation des concepts à l’image du « manger sain et responsable » mis en avant par les Cojean, Exki ou encore Prêt à Manger.

Industriels et enseignes vont surtout devoir composer avec l’intensification de la concurrence en provenance des petits commerces de bouche, plébiscités par les consommateurs pour leur authenticité et la qualité de leurs produits. Déjà en partie exploité par les boulangeries, le potentiel d’une diversification dans le snacking émerge à peine chez les autres (charcutiers, bouchers, primeurs…). La distribution automatique, les stations-service, les magasins de surgelés et les petits commerces de bouche totalisent des ventes estimées à environ 500 millions d’euros dans les produits de snacking, selon les estimations des experts de Xerfi Precepta. Mais c’est surtout l’arrivée d’Amazon Fresh en France, maintes fois évoquée, qui pourrait rebattre les cartes du jeu dans les grandes agglomérations sur le marché alimentaire, y compris sur celui du snacking. Une éventualité qui ouvrirait également de nouvelles perspectives de distribution aux industriels

 

Auteur de l’étude : Delphine David

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