Nous suivre Actualités de la restauration traditionnelle, rapide, collective, commerciale - Néorestauration

Le « single », un fidèle qui se conjugue au pluriel

Paul Fedèle

Sujets relatifs :

, ,
Le « single », un fidèle qui se conjugue au pluriel

au novotel café, tout a été pensé pour la clientèle des individuels. Ici, le nouveau concept de la chaîne Novotel décliné rue de Vaugirard à Paris.

© Philippe Grollier

Souvent jugé indésirable, surtout à l'heure du déjeuner, le client mangeant seul au restaurant est une cible à part entière. Bien que les profils ne soient pas homogènes, ce « single » a pourtant des attentes bien spécifiques.

Considéré davantage comme une clientèle d'appoint, le « single » n'a pas un statut très clair aux yeux du restaurateur. Contrairement aux cibles groupes, familles, femmes et seniors, peu d'initiatives sont menées pour recevoir, attirer, voire rassurer la personne seule au restaurant. Pire, on lui fait souvent comprendre qu'elle est indésirable à l'heure du déjeuner ! « C'est qu'elle est difficile à identifier », se défend ce restaurateur, qui reconnaît préférer optimiser son taux de rotation et remplir ses tables que choyer individuellement le convive venu en solo.

 

Pourtant, selon une étude menée par le Critha-Université de Toulouse auprès de 1 400 personnes, 27 % des sondés déclarent déjeuner seuls hors domicile, contre 21,49 % le soir. Ce sont donc près de deux clients sur dix le soir, et trois sur dix au déjeuner qui se retrouvent à manger en solo en RHD. Et, contrairement aux apparences, cette population compte peu de célibataires, pour qui cette occasion de sortie se partage plutôt à plusieurs.

 

« Pour moi, le restaurant est, par définition, un moment convivial vécu entre amis ou entre collègues », explique Jacques Barmat, trentenaire célibataire. Et ce directeur d'une agence Maaf de préférer la restauration rapide, la vente à emporter ou le micro-ondes lorsqu'il déjeune ou dîne seul. à l'exception parfois de certaines adresses, dit-il, mais plutôt celles qu'il a coutume de fréquenter en groupe et où il est reconnu lorsqu'il n'est pas accompagné.

 

 

 

Manger seul reste une épreuve

 

Jean-Pierre Fourcat, du cabinet d'études Sociovision-Cofremca, donne son point de vue : « Chacun d'entre nous, à un moment donné et dans des circonstances particulières, est "célibataire" durant une heure ou deux, dans le cadre d'un déjeuner ou d'un dîner, à l'occasion d'un déplacement professionnel. S'il est difficile d'établir un profil type de cette clientèle, en revanche ses attentes semblent converger vers des critères assez comparables.

 

Force est de constater que manger seul au restaurant relève plutôt de l'épreuve pour de nom-breux « single », notamment au déjeuner : « On a l'impression de gêner », explique Dorothée Migeon, secrétaire, qui choisit plus volontiers la restauration rapide et la vente à emporter à la restauration assise pour le déjeuner. « Ainsi, j'ai une garantie prix/temps qui fait souvent défaut dans un restaurant ; et je peux, du même coup, sélectionner mon régime alimentaire de manière très précise ou encore faire des courses. »

 

« Chez Novotel, l'enseigne hôtelière 3 étoiles d'Accor, on a vraiment travaillé la question dans le nouveau concept Novotel Café, déployé actuellement dans le réseau, explique Bertrand Lebugle, directeur de la restauration Novotel-Mercure France. Il a été formaté pour l'individuel : la table est à sa dimension et le service, comme les formules, sont prévus pour permettre de manger vite. » Et le professionnel de la restauration d'expliquer la nécessité d'éviter de renvoyer l'individuel à sa solitude. C'est pourquoi Novotel Café a sectorisé son espace en lieux de vie différents : espace cosy avec fauteuils, zones affaires, avec branchement Internet, et mange-debout à proximité du bar. Le tout en rivalisant d'attentions : téléviseur en toile de fond, presse quotidienne...

 

« Le concept est idéal pour satisfaire les différents types de consommateurs et isoler l'individuel qui recherche du calme ou celui qui désire un espace de travail », explique Cyril Gast, directeur de la restauration du Novotel Vaugirard qui a gagné 5 points de taux de prise depuis l'ouverture de son Novotel Café il y a quelques mois.

 

Regardant sur l'accueil et la rapidité du service

 

L'un de ses clients, Emmanuel Midamegbe, propriétaire d'une entreprise de miroiterie à proximité de l'hôtel, fréquente l'adresse tous les midis : « Je m'accorde une heure pour le déjeuner, qui constitue une rupture dans ma journée. Aussi, j'attends une certaine rapidité de service. Je suis plutôt adepte du plat unique et j'apprécie d'être reconnu, placé à l'écart au calme et servi par une équipe accueillante. »

 

La fidélité caractérise en effet le « single », qui reste très attaché à son portefeuille d'adresses. Ce que confirme Véronique de Bois Lucy, qui travaille dans les assurances (Axa Assurcrédit) et se retrouve souvent sur les routes : « Dans la mesure où j'ai été bien accueillie et si l'adresse répond à un certain nombre de critères précis, j'y reviens systématiquement lorsque je suis de passage. » Elle indique être de ces fidèles occasionnels : « J'aime avoir des repères, ce qui me sécurise. Si je suis en terrain inconnu, j'opte pour les enseignes normées qui renvoient une image de qualité et de sérieux, telle Courtepaille. »

 

Particulièrement sensible à la propreté, aux odeurs, elle se montre tout aussi regardante sur la décoration. La qualité de la lumière est pour elle aussi importante que l'agencement de la salle : « Pour une femme seule, il est réconfortant de ne pas être placée sous les feux des projecteurs. Je préfère la discrétion des tables à l'écart. » Et lorsqu'elle s'arrête dans un hôtel, c'est la formule livrée dans sa chambre qui a sa préférence. Un moyen d'éviter le regard des autres et la solitude face à son assiette.

 

Au déjeuner, elle ne choisit jamais de menu - « trop lourd et trop long » - au profit du plat unique, type salade complète. Il faut dire que le « single » est rarement dans une dimension plaisir au restaurant, donc peu enclin à la découverte. Aussi privilégie-t-il le rapport qualité/prix/temps et les références connues.

 

Un point qui n'a pas échappé au directeur du Café Jenny (75), Serge Nhouyvaniswong, qui a lancé récemment ses assiettes thématiques « tout compris » à 10 et 15 € avec, au choix, deux ou trois plats, boisson incluse. « L'ensemble est servi en une seule fois, un moyen de laisser au client le soin de gérer lui-même son temps de repas et de répondre à l'attente tarifaire ticket restaurant », indique-t-il.

 

Accueillir comme il se doit un « single », c'est donc lui apporter de l'attention. à défaut, celui-ci pourrait se montrer infidèle.

l'avis de... Jean-Pierre Poulain Sociologue

 

« Attention à l'effet gamelle ! »

 

La restauration à table du déjeuner, surtout en ville, est attaquée par l'effet « gamelle » parce que, sans doute, elle ne répond pas aux attentes des consommateurs, notamment des individuels. Les femmes, en particulier, utilisent la pause de midi comme régulateur d'activité. On constate en parallèle une montée de l'individualisation de l'alimentation à laquelle les restaurateurs devraient apporter des réponses mieux étudiées.

Qui sont-il ?
  • Des individuels affaires, des salariés isolés à l'heure du déjeuner ou des célibataires
  • Sensibles à l'accueil, ils apprécient les signes de reconnaissance
  • Libres, ils n'aiment pas être enfermés dans des offres trop contraignantes Ils veulent manger vite
  • Leurs repères pris, ils reviendront

Il n'aiment pas...
  • Un accueil impersonnel être renvoyés à leur solitude être placés au milieu d'une salle bruyante
  • Les offres épicuriennes (la dimension plaisir n'a pas pour eux la priorité)
  • Les formules compliquées, tout compris ou trop chargées
  • Pour les femmes, les places situées en milieu de salle

 

 

...Ils apprécient

 

  • Les espaces d'intimité
  • Les distractions ou les espaces de travail : TV, presse, branchements Internet
  • Les mange-debout
  • Les formules rapides et simples axées sur l'équilibre alimentaire
  • Le vin au verre et les petits contenants boissons (37,5 cl)
  • Les plateaux ou coffrets à emporter dans la chambre pour la clientèle d'hôtel

Bienvenue !

Vous êtes désormais inscrit. Vous recevrez prochainement
notre newsletter hebdomadaire NEORESTAURATION.

VOS EVENEMENTS
Tous les événements
02 dé - Paris
Formation - Category Management en RHD

Bâtir une approche efficiente

03 dé - Paris
CONGRÈS RHD

Quel modèle de restauration à l’horizon 2022

Nous vous recommandons

Le renouveau de Léon de Bruxelles

Le renouveau de Léon de Bruxelles

Léon de Bruxelles annonce son renouveau avec une première ouverture en nouveau concept à Aéroville Léon de Bruxelles opère une refonte totale de son concept et de son image, depuis son rachat par[…]

 Angelina remporte le Musée du Luxembourg avec son nouveau concept: Mademoiselle Angelina

Angelina remporte le Musée du Luxembourg avec son nouveau concept: Mademoiselle Angelina

Quels concepts pour le nouveau food market Iconik ?

Quels concepts pour le nouveau food market Iconik ?

Jusqu’où iront les robots dans les CHR ?

Jusqu’où iront les robots dans les CHR ?

Plus d'articles