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Laurent Grandin, Président Interfel: « Je suis très confiant sur le niveau de consommation pour les années à venir »

ENCARNA BRAVO
Laurent Grandin, Président Interfel: « Je suis très confiant sur le niveau de consommation pour les années à venir »

L’interprofession des fruits et légumes frais a mis à profit la pandémie pour plancher sur le présent et préparer l’avenir. Son président explique comment.

Comment le marché a-t-il vécu ce confinement ?

En 2020, nous avons enregistré une augmentation de la consommation des fruits et légumes frais de l’ordre de 5%. Phénomène lié fondamentalement à cette crise Covid, car les Français se sont retrouvés à la maison en famille et se sont mis à cuisiner. Dans un premier temps, leurs choix se sont portés vers les produits d’épicerie, puis dans un second temps, vers une consommation soutenue de produits frais. Une accélération qui ne s’est d’ailleurs pas démentie pendant l’année. Elle semble même se consolider au 1er trimestre de cette année.

Depuis, quelles actions ont été mises en place ?

Bien que tous perturbés, nous avons mis à profit cette année 2021 pour mobiliser. Rappelons que l’ONU a décrété pour la première fois depuis 1959 que cette année serait l’année internationale des Fruits et légumes. Pour la Fête des fruits et légumes frais 2021, célébrée du 11 au 20 juin dernier dans toute la France, nous bénéficions du soutien d’Hélène Darroze, Cheffe cuisinière française multi-étoilée et Ambassadrice de l’opération ainsi que de Guillaume Gomez, ancien Chef de l’Elysée, Représentant de la gastronomie française et parrain de l’événement. Nous allons multiplier les événements, tables-rondes…  avec un relais au plan européen. Nous impliquons l’ensemble des parties prenantes, les restaurateurs ainsi que les politiques. Nous allons tout faire pour maintenir les bonnes habitudes, dans des circonstances plus classiques que celles de l’année dernière.

Qu’avez-vous appris de cette période ?

Nous savions déjà que la France n’était pas la meilleure  élève de la classe européenne en termes de consommation de fruits et légumes frais. Voilà pourquoi nous avons des efforts à faire. Nous sommes aujourd’hui dans une consommation comprise entre 330 g et 340 g par jour, alors que la moyenne européenne atteint plus de 360g. Sachant que 400g sont les recommandations a minima, pour des questions de santé avérées, reconnues par les Instances internationales et les Autorités françaises. Cela étant, notre sujet n’est pas de transformer les fruits et légumes en médicaments. Il est important qu’ils soient achetés par plaisir, pour leur goût et leur fraîcheur, donc de ce point de vue c’est plutôt une réussite. Toutefois, malgré les difficultés traversées par la restauration collective et la restauration commerciale -il faut savoir que les fruits et légumes ne pèsent que 10% des volumes du marché-, nous avons enregistré une année de progression à 4,5 % malgré la fermeture des établissements.

Quid de l’avenir ?

Nous avons parlé avec de nombreux chefs, des conseillers du Président de la République ainsi qu’avec le ministère de l’Agriculture, pour proposer des idées tel que le rétablissement des cours de cuisine à l’école. Ce serait à mon avis un facteur d’équilibre de consommation très fort. Lorsqu’on prépare ses repas soi-même, on sait ce que l’on mange.  Par ailleurs, les fruits et légumes sont tracés, on sait d’où ils viennent, ce qui n’est pas une  obligation pour les produits transformés (colorants, additifs…).

Nous savons qu’en restauration collective, les achats passent par des marchés publics. Or, le critère origine est interdit dans les appels d’offre. Nous demandons une dérogation de 30% pour des régions européennes, pour être mis en concurrence régionale.

Nous sommes conscients que la tendance qui semble se dessiner s’annonce plus végétale, avec une présence plus significative des légumineuses… Nous avons fait un bon premier pas l’année dernière dans cette direction. Nous sommes une filière rassemblée, cohérente, qui finance sa recherche, par conséquent nous sommes assez confiants dans la capacité à continuer de faire progresser la consommation. Si le gouvernement reste cohérent par rapport aux choix qu’il annonce, et accompagne un minimum la filière, je suis très confiant pour le niveau de consommation des années à venir. Face à la mondialisation,  il faut miser sur le localisme. Il constitue un mouvement mondial.

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