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La DA voudrait bien retourner à l'école

La rédaction de Néorestauration
Un amendement parlementaire vise à limiter à certains produits seulement l'interdiction des distributeurs. Le débat s'engage.

L'examen du projet de loi sur « l'avenir de l'école », présenté par François Fillon, a débuté à l'Assemblée nationale le mardi 15 février. Parmi les quelque 460 amendements déjà déposés, celui des députés UMP Muriel Marland-Militello (Alpes-Maritimes) et Bernard Depierre (Côte-d'Or). Leur texte vise à restreindre la future interdiction totale dont seront frappés à compter du 1er septembre 2005 les distributeurs automatiques, depuis l'adoption en juillet 2004 de la loi de santé publique. Les deux parlementaires demandent en effet à ce que seuls « les distributeurs automatiques de produits alimentaires manufacturés et de boissons avec ajouts de sucre ou d'édulcorants de synthèse, payants et accessibles aux élèves, soient  interdits à compter du 1er septembre 2005 ».

On ignore si la Navsa (Chambre nationale syndicale de ventes et services automatiques) a influencé leur argumentaire. Pour sa part, le quotidien Le Monde affirme dans son édition du 16 février qu'elle mène « un intense lobbying depuis plusieurs semaines auprès des parlementaires». En tous les cas, les deux auteurs de cet amendement ont rédigé avec beaucoup de soins leurs motivations.

Une batterie complète d'arguments

Les deux députés rappellent tout d'abord que l'Afssa n'a jamais recommandé l'interdiction des distributeurs d'eau et de fruits, dont la consommation est encouragée par le PNNS. Ils soulignent ensuite son impact pénalisant sur les PME-PMI gérant les distributeurs. Ils affirment aussi que l'interdiction totale inciterait les élèves « à consommer leurs produits préférés sans aucun contrôle (...) dans des lieux où l'on peut trouver du tabac et de l'alcool ».

Muriel Marland-Militello et Bernard Depierre estiment en conséquence « raisonnable de revenir sur cette interdiction totale en autorisant le maintien de distributeurs de produits comme les fruits, mais aussi les boissons comme l'eau, les boissons chaudes qui sont sources de réconfort, notamment en hiver, et d'hydratation ». Et de conclure même que les distributeurs automatiques pourraient « aussi être un support de communication du PNNS et d'information sur la nutrition vis-à-vis des jeunes, complétant ainsi l'éducation des élèves sur les questions de santé et de nutrition dans le cadre de la formation et de la santé scolaire »!

L'UFC-Que Choisir invoque la lutte contre le grignotage

L'UFC-Que Choisir a réagi très vite. Elle dénonce dans un communiqué « l'acharnement du lobby agroalimentaire sur nos parlementaires », en indiquant que depuis juillet 2004, les amendements visent à autoriser de nouveau la DA se sont multipliés. L'association de défense des consommateurs estime que le dernier en date conduit à une réintroduction « avec un encadrement des produits offerts techniquement impossible à contrôler ». Argumentant cette fois sur le fond, l'UFC-Que Choisir affirme que la DA favorise le grignotage sous toutes ses formes dans les écoles. Or la lutte contre le grignotage est, dit-elle, « une priorité pour lutter contre le surpoids et l'obésité qui touchent aujourd'hui 16 % d'enfants en âge scolaire».

Du côté de la rue de Grenelle et de l'avenue de Ségur, ni le ministre de l'Education (qui a d'autres soucis) ni le ministre de la Santé ne se sont encore exprimés sur le sujet. Selon Le Monde, l'entourage de Philippe Douste-Blazy assure qu'il ne soutiendra pas cet amendement. 

Engager enfin un vrai débat

Sérieux, étayés, les arguments de Muriel Marland-Militello et Bernard Depierre méritent un débat de fond qui avait été escamoté lors de l'examen de la loi de santé publique. Devraient y être conviées toutes les parties concernées, et notamment les spécialistes de la santé publique.

Grignoter une pomme à 10 heures ou à 17 heures, boire une eau minérale ou un chocolat chaud servi par un automate plutôt que par un agent ou un élève, est-ce néfaste? Ces consommations encouragent-elles le grignotage d'autres produits beaucoup moins bénéfiques sur le plan nutritionnel? Avaler une barre chocolatée achetée à la cafétéria ou au foyer des élèves plutôt que sur un DA, est-ce moins néfaste? Juste quelques questions pour amorcer le débat!

jfvuillerme@neorestauration.com

Pour télécharger l'amendement : www.assemblee-nationale.fr
(page d'accueil : projet de loi d'orientation pour l'avenir de l'école/à titre expérimental/amendements déposés sur le projet de loi N° 2025/page 3/ numéro 27)

 

 

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