L’IRQUALIM veut sauver du nutri-score les produits du terroir

ENCARNA BRAVO

Sujets relatifs :

, ,
L’IRQUALIM veut sauver du nutri-score les produits du terroir

Lors de sa conférence de presse qui s’est tenue ce mardi 18 mai, l’Institut Régional de la Qualité Agroalimentaire d’Occitanie a réaffirmé son rôle de « défenseur » des produits traditionnels et sous Signes d’Identification de Qualité et d’Origine. Elle a exhorté la Commission Européenne de ne pas appliquer l’affichage obligatoire du Nutri-Score sur ces produits, considérant qu’une telle décision serait contraire aux objectifs de santé publique et mettrait en danger l’équilibre économique des territoires.

Aussi étonnant que cela puisse paraître, si l’on se fie au Nutri-Score affiché sur l’emballage, les produits alimentaires ultra-transformés ont parfois une bonne, voire très bonne, notation à l’inverse de produits plus traditionnels. Un soda light, car sans sucre mais avec des édulcorants est classé B alors qu’un jus de pommes bio fermier, est classé C. Un fromage à tartiner allégé affiche « B » alors qu’un Rocamadour, un Pélardon et un Roquefort AOP affiche « D » voire « E ».

« Les modes d’élaboration des produits sous SIQO sont codifiés dans des cahiers des charges qui font que leurs recettes sont immuables et ne peuvent être modifiés sans rompre le lien au territoire ou changer la nature même du produit. Si l’objectif du Nutri-Score est d’inciter les industriels à améliorer la recette de leurs produits ultra-transformés, cette reformulation ne rime pas forcément avec amélioration nutritionnelle » déplore Jean-Louis Cazau-bon.

Le Président de l’IRQUALIM et le Vice-Président, Jacques Gravegeal dénoncent « un système à code couleur simplifié à l’extrême qui ne prend pas en compte la notion de « portion » alimentaire ingérée et sa contribution à l’équilibre alimentaire journalier. Tout est calculé sur la base de 100g/100ml. Mais qui pourrait manger, d’un seul coup, un pot entier de miel des Cévennes (IGP) même s’il est très bon? Personne».

L’autre inquiétude concerne l’interdiction des publicités ou promotions des denrées notées D ou E. « C’est une menace pour nos territoires qui seront touchés par l’absence de dynamique commerciale et par le désintérêt que leur porteront les distributeurs et les consommateurs au final. L’obligation telle qu’elle est envisagée ne remplit pas ses objectifs de santé publique. Elle remet aussi en cause toutes les démarches économiques dans nos territoires (...) faisant craindre l’anéantissement des efforts et des évolutions portés par l’UE et dans le cadre de la PAC, des systèmes de qualité alimentaires... ».

Rester vigilants et informer le publicUne situation qui inquiète aussi fortement Frédéric Monod, Directeur de la fromagerie des Cévennes qui emploie 20 salariés et fournit un tiers de la production de Pélardon AOP, tout comme Pierre Cabrit, Président du Veau de l’Aveyron et du Ségala Label Rouge/IGP. « Que vont devenir nos entreprises, nos territoires sur lesquels il est parfois difficile de travailler, si on ne mange plus nos fromages ou nos viandes ? Le Nutri-Score ne prend pas en compte l’ensemble des points qui rendent vertueux un produit, comme l’environnement, le mode de production...il infantilise totalement le consommateur ».

L’IRQUA-LIM propose donc que cet affichage soit exclusivement réservé aux produits ultra-transformés. En attendant, il va continuer de veiller scrupuleusement les travaux de la Commission Européenne et d’alerter les Pouvoirs Publics sur cette prise de conscience nécessaire. Il poursuivra aussi ses actions pédagogiques en direction du grand public notamment via son Club des Qualivores.

Rendez-vous est d’ores et déjà pris le 4 juillet à Caunes Minervois, dans l’Aude, pour son grand pique-nique traditionnel.

Inscription sur le site www.qualivores.fr


Nous vous recommandons

Umiami installe son premier site de production de viande végétale dans une ancienne usine Unilever

Umiami installe son premier site de production de viande végétale dans une ancienne usine Unilever

La startup de la foodtech prend la suite de l’ancien site industriel Knorr en Alsace pour y produire ses alternatives végétales à la viande à l'horizon mi-2023.Après avoir annoncé cette année une levée de fonds de 26,5 millions...

Le jambon San Daniele AOP part à la conquête des chefs français

Le jambon San Daniele AOP part à la conquête des chefs français

Reitzel poursuit la relance du cornichon français

Reitzel poursuit la relance du cornichon français

Maisons du Monde se rapproche encore des professionnels

Maisons du Monde se rapproche encore des professionnels