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L’appétit pour les foodtech se confirme

ENCARNA BRAVO

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L’appétit pour les foodtech se confirme

Xerfi vient de publier une étude sous le titre : « La dynamique et les stratégies post-crise des Foodtechs - Perspectives par segment à l’horizon 2023  et évolutions du jeu concurrentiel à moyen terme ». Auteur de l’étude : Thomas Roux

La crise a redonné de l’élan aux foodtech. L’appétit des investisseurs pour le secteur est en effet resté vif puisque ces entreprises ont levé en France près de 150 millions d’euros (+45%) en 2020 pour 37 deals (contre 23 en 2019). Toutefois, le ticket moyen a diminué de 0,5 million d’une année sur l’autre à 4 millions d’euros.. Si les grandes gagnantes de la crise sanitaire ont été les plateformes de livraison de commerces de proximité (Epicery, Glovo…) et celles de circuits courts (La Ruche qui dit Oui !, …), les plateformes de réservation de restaurants (La Fourchette…) et les foodtech spécialisées dans le social dining (Eatwith…) en ont fait les frais. Les premières ont en effet pâti des fermetures à répétition des restaurants et les secondes des restrictions de déplacement. Les applications anti-gaspillage (Optimiam, Too Good To Go…) et de notation nutritionnelle (Yuka, Scan Up…) ont, elles, été très peu affectées. Si la crise a globalement profité au secteur, près d’un quart des foodtech actives en France en 2016 et recensées par les experts de Xerfi Precepta avait mis la clé sous la porte en décembre 2020. Les acteurs peinent en effet à être rentables, y compris les leaders internationaux de la livraison de repas de restaurants comme Just Eat Takeaway ou Uber Eats

 

Pour atteindre cette fameuse rentabilité, les acteurs peuvent actionner plusieurs leviers, selon les experts de Xerfi Precepta. Pour fidéliser les nouveaux clients recrutés pendant les périodes de confinement, ils devront ainsi encore innover et offrir une offre adaptée. Améliorer l’efficacité opérationnelle et la logistique, grâce à des outils technologiques performants, est également une nécessité. Composer avec les limites de la livraison externalisée, en adoptant une logique plus socio-responsable, n’est plus une option alors que les conditions de travail des livreurs micro-entrepreneurs sont de plus en plus décriées. Les acteurs devront également s’inscrire dans une démarche davantage partenariale avec les autres opérateurs de leur écosystème (restaurants, industriels, producteurs, distributeurs,…).

 

Les investisseurs à la manœuvre

 

La croissance des foodtech dépend de l’engouement des investisseurs. Encore soutenus en 2021, les investissements, devraient porter en priorité sur les segments encore en phase de développement (comme l’Agtech qui n’entre pas dans le périmètre de l’étude) et moins sur les segments historiques aujourd’hui matures, food delivery en tête. Malgré une demande en hausse, ce dernier sera pénalisé par la frilosité d’un nombre croissant de restaurants à recourir aux services de livraison en raison des commissions jugées trop élevées.

 

Le segment de la restauration virtuelle restera lui très dynamique d’ici 2023 grâce à une demande soutenue et à l’augmentation de l’offre. Face à la demande croissante et accélérée par la crise en matière de proximité alimentaire, les marketplaces alimentaires et les plateformes de circuits courts sont, pour leur part, idéalement positionnées pour les trois prochaines années.

 

Dans le même temps, les incursions de nouveaux investisseurs industriels (distributeurs, géants de l’internet, restauration collective, industrie agroalimentaire) vont se poursuivre. Grâce aux synergies opérationnelles et financières dégagées, ces derniers financeront les foodtech pour s’ouvrir de nouveaux relais de croissance. C’est ainsi que le groupe Carrefour affiche de sérieuses ambitions dans ce domaine avec de multiples rachats de start-up (Dejbox et Potager City en 2020 entre autres) et d’alliances nouées avec les leaders internationaux (Uber Eats l’an dernier). Déjà présent au capital de Deliveroo et partenaire de Casino, Amazon a ainsi toutes les cartes en main pour s’immiscer dans le e-commerce alimentaire hexagonal en général et la foodtech en particulier.

 

Si les levées de fonds sont essentielles au développement des foodtech, gourmand en capitaux, d’autres voies sont également possibles : introduction en Bourse, adossement à un industriel et fusion-acquisition avec une autre foodtech. Mais compte tenu de la difficulté à atteindre la rentabilité, il ne faut pas exclure plusieurs disparitions ces prochaines années, à l’image des fermetures de Foodora et Take Eat Easy en France. C’est bien le signe que la taille n’est pas un gage de pérennité à long terme.  Dans ce contexte, les méga-fusions seront d’actualité, comme celles intervenues à l’échelle mondiale en 2020 entre Just Eat et Take Away, Just Eat Take Away et GrubHub ou encore Uber Eats et Postmates.


 

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