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Jacques Garcia, la convivialité dans un décor Grand Siècle revisité

PEGGY CARDIN-CHANGIZI - SDURAND@INFOPRO-DIGITAL.COM

Il a signé de nombreux décors d'hôtels et de restaurants, en France et à l'international. Féru d'histoire de l'art et amateur des fastes du Grand Siècle, Jacques Garcia revisite à chaque fois le classique et le baroque avec élégance et modernité. Focus sur cette « french touch » créative et artistique.

Quel est le point commun entre le Costes, le Murat, Ladurée, le Fouquet's, le Colonial Club à Chicago ou le Danube à New York ? Tous ont été décorés par le même homme, Jacques Garcia. À chaque fois, la même patte (velours, fauteuils capitonnés, bois doré...) et en même temps, une réelle originalité empreinte de modernité. « Je crée des ambiances avec des matériaux que j'aime, dans des lieux où l'âme et la culture sont omniprésentes. Mon travail consiste à mettre des établissements publics en accord et à la disposition du grand public, et non l'inverse », confie le designer. Un parti pris qu'il met en application dès le début des années 90, lorsque Diane Desseigne, propriétaire du groupe Lucien Barrière, lui demande de restaurer l'hôtel Royal Barrière de Deauville. « J'ai voulu démocratiser ce palace et le rendre accessible à la ville et à ses habitants. Cette idée me trottait dans la tête depuis mes 10 ans. Mon père avait voulu m'emmener au Ritz. Mais on nous a refusé l'entrée, car nous n'avions pas les bons codes. »

 

Il se fait connaître du grand public en 1996, lorsqu'il crée le Costes, dans un esprit raffiné et cosy qui tranche avec le style minimaliste alors en vogue. Jacques Garcia signe alors plus d'une vingtaine de sites à Paris. « Je m'inspire de l'âme du lieu ou de la symbolique du quartier, et j'y ajoute une dose de ma propre compréhension, poursuit-il. Il ne s'agit pas de créer une oeuvre pour la gloire d'un égo personnel. La décoration doit faire plaisir aux clients, mais aussi assurer sa rentabilité ! »

 

Face aux Invalides, l'Esplanade affiche un côté Empire, avec des suspensions coulées dans la fonte comme des canons ; l'Avenue, située en face de Dior, se pare de tafta et d'un escalier monumental en écho au Festival de Cannes ; le Ruc se veut un havre de paix cossu (ambiance lumineuse filtrée avec des abat-jour plissés) rappelant l'atmosphère feutrée et raffinée du Théâtre-Français... « Le challenge, c'est de faire marcher le restaurant le midi et le soir. Pour cela, il faut travailler sur des jeux de lumière différents : éclairé le midi, plus tamisé le soir. La lumière doit permettre de se trouver beau et de trouver les autres beaux, dans une optique de séduction, conclut Jacques Garcia. Ma touche personnelle ? Le plaisir de la vie et la convivialité. » Tout simplement.

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