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Guillaume de Marcellus, dg de C10, “je crois à notre capacité de résilience"

SABINE DURAND

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Guillaume de Marcellus, dg de C10, “je crois à notre capacité de résilience

Le 21 avril, Guillaume de Marcellus, directeur général de C10, a tiré le signal d’alarme pour la distribution boissons. Quelques jours plus tard, avec la directrice marketing Camille Delettrez, il revient sur l’impact de la crise et les perspectives pour les mois à venir. 

Comment l’activité de C10 se portait-elle depuis le début de l’année ?

Guillaume de Marcellus  Plutôt bien. Le chiffre d’affaires était en hausse de 5,6 % en janvier, de 4,5 % en février…  Dès la fin février, on a senti un petit tassement d’activité (on commençait à parler de ce qu’il se passait dans un certain nombre de régions, notamment les Alpes) mais on n’imaginait pas ce qui allait nous tomber sur la tête. En mars, notre chiffre d’affaires a chuté de 52,8 %, nos volumes de 49 %. 

 

Comment envisagez-vous la suite de l’année 2020 ? 

Guillaume de Marcellus   Si on regarde sur le plan macro-économique, les 44 jours ouvrables perdus entre le 13 mars et le 11 mai représentent une perte d’activité de 14,5 % sur l’année pour les entreprises qui sont à l’arrêt. Ce sera peut-être pire que ça, car on ne sait pas comment le consommateur va réagir. En mars, on pensait que le déconfinement serait fabuleux, comme au lendemain de la Libération. Plus le temps passe, moins ce scénario semble plausible… Une partie de la population aura envie d’en profiter, de sortir, de faire la fête, mais l’autre sera plus inquiète,, prudente, n’ira pas forcément du jour au lendemain dans des endroits avec des dizaines de personnes qu’elle ne connaît pas. Une récente étude sur les envies des Français à la sortie du confinement montrait que 49 % voulaient surtout revoir leurs proches : cela ne se  fera pas nécessairement au restaurant ! Et 13 % d’entre eux disaient vouloir aller au restaurant… C’est à dire la part de la population qui y allait déjà avant.

 

Concrètement, comment voyez-vous le redémarrage ?

Guillaume de Marcellus    Si on regarde les typologies de points de vente, la restauration va ouvrir plus vite que les bars sans restauration, qui eux-mêmes vont ouvrir plus vite que le monde de la nuit etc. Nous pensons que  le redémarrage se fera par paliers, un peu en juin, un peu plus en juillet, et ainsi de suite mais certains facteurs pourraient venir modifier les calculs. D’abord le risque de défaillance des établissements qui ont une structure financière fragile, très peu de trésorerie. Je ne suis pas persuadé qu’ils réouvriront tous, ni tous même dans les mêmes conditions : peuvent-ils le faire pour réaliser seulement 30, 40 ou 50 % de leur activité ? Cela ne vaut peut-être pas forcément le coup. Autre point, la reprise va être consommatrice de cash, si les établissements ne sont pas mis sous protection des différentes aides au travers des banques, de la BPI etc., on assistera à une dégradation et à une fin d’année plus compliquée que la reprise. Certains segments sont et seront très touchés : beaucoup de nos clients sont des points de vente saisonniers (camping, lieux touristiques…) ouverts de Pâques à septembre, et nous pensons que 30 % d’entre eux n’ouvriront pas. Ca représente quand même 6 % de notre business. Même chose du côté des événements -quasi 5 % de notre chiffre d’affaires-, les fêtes, ferias, festivals comme le Printemps de Bourges ou le Hellfest, très important pour nous ; certains sont  reportés en septembre/octobre mais le grand public ne pourra pas aller partout. 


 

Camille Delettrez   Sans compter toute l’activité “particuliers” qui est arrêtée elle aussi, avec les mariages, les baptêmes etc, tous ces petits événements qui, cumulés, représentent une partie de notre activité.
Guillaume de Marcellus   Ca fait de la casse : on arrive à une projection de chiffre d’affaires pour l’année 2020 à - 40%  ; en décembre, on sera plutôt à -10 % par rapport à décembre 2019. On va traîner ça jusqu’en 2021 avec un redressement au second semestre de l’année.

 

Un redressement au deuxième semestre 2021 ? Comment tenez-vous jusque là ? 

Guillaume de Marcellus   On s’est mis sous oxygène… On a été chercher pour le groupe les éléments de sécurisation financiers, les PGE, reports de charges et d’emprunts etc et on a engagé nos adhérents à le faire : 100 % ont activé le système. Les banques ont bien joué le jeu, je ne dirais pas la même choses des assureurs… En parallèle, nous avons fait des demandes de reports d’échéances auprès des industriels, un peu plus soutenues auprès des multinationales très implantées en grande distribution, beaucoup moins auprès des petites structures qui dépendent exclusivement de notre secteur d’activité. Globalement les choses ont été pas mal portées, pas mal construites. Des crises, on en a connu, on en est sorti : on s’en sortira là encore. Il y a une belle agilité, qui nous permettra de redémarrer plus vite que d’autres secteurs de l’économie. 

 

Quels sont vos principaux chantiers pour les semaines à venir ?

Guillaume de Marcellus Nous allons structurer nos offres promotionnelles, sacrément bouleversées. Nous allons redémarrer les catalogues C10 Avantages,qui seront réorientés sur le mois de juin, de juillet ; nous allons exceptionnellement en proposer un en août pour aller chercher du business. Par ailleurs, nous allons travailler le 20/80, peut-être au détriment d’une innovation, d’une déclinaison, d’un changement de packaging, mais nous devons le faire, sauf sur le vin. Sur ce segment, nous allons au contraire devoir être plus aspirationnels, avec un assortiment composé de nos marques propres, de marques primordiales, et de marques aspirationnelles, de nouvelles étiquettes. En parallèle, nous allons accompagner nos clients avec des idées pour la vente à emporter, autre que la can ou le PET… Peut-être est-il possible d’aller plus loin sur d’autres conditionnements pour le CHR comme nous l’avons fait avec les gobelets pour le café. Tout cela va devoir s’accompagner de cadrage avec les industriels, puisque nous avons 30 fois plus de références qu’eux à piloter.

Dernier point, nous devons défendre le métier de distributeur/grossiste impacté à 100 % par la fermeture des bars et restaurants : il doit être inclus dans l’ensemble des plans mis en oeuvre pour la filière du CHR. 

Après, je crois beaucoup à notre capacité de résilience. On a des clients qui nous aiment, des consommateurs qui aiment nos clients, ça rend cette résilience encore plus simple. Dès qu’on aura des règles claires de fonctionnement, les choses vont s’accélérer. 

 

Comment pensez-vous qu’évolueront la consommation, et donc l’offre, après la crise ?

Guillaume de Marcellus   Je pense qu’on consommera différemment, plus responsable. Chez C10, on était déjà bien engagés sur le développement durable, comme sur la reprise du verre, on va creuser le sillon..... ça permettra de répondre à une demande accrue sur le local ou sur le bio. Nous allons accélérer tout le travail réalisé sur les gammes bio, comme sur nos marques propres type Jus de Rêve....

Camille Delettrez On va accélérer le mouvement au niveau de la centrale, mais l’approvisionnement local est déjà bien ancré chez nos adhérents. Par exemple sur le vin, nous comptons 1500 références, quand eux en ont 21000, car ils privilégient justement les références locales. 

 

Vous participez à JaimeMonBistrot, pourquoi ?
Guillaume de Marcellus   L’ampleur que prend cette plateforme solidaire www.jaimemonbistrot.fr
montre l’attachement du Français à son bistrot. Dans la logique d’activité, il faut être au maximum dans l’action, pas dans la réaction. C’est un collectif réuni autour d’un projet, qui prouve notre capacité à nous rassembler avec des concurrents, des industriels, des distributeurs, pour aller défendre un secteur qui nous est cher. Plus on aidera nos points de vente, plus on sera en capacité de reprendre une activité. C’est un moyen intéressant de remettre en oeuvre cette filière.

C10 et ses segments de marché

Ventilation en termes de chiffre d’affaires :

  • Bars-restaurants, 30,5% ;
  • Restaurants, 27 % ; 
  • Bars de jour, 15 % ;
  • Monde de la nuit, 12 %,
  • Hôtellerie, 6,5 % ;
  • Autres,: 8%.

 

 

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