Guerre en Ukraine : quel impact pour l’amont de la restauration?

SABINE DURAND
Guerre en Ukraine : quel impact pour l’amont de la restauration?

A l’occasion du SIA, Salon International de l’Agriculture, FranceAgrimer a établi un premier bilan de l’impact du conflit sur les marchés mondiaux des céréales et des grains etc. 

Part de marché mondial des exportations ukrainiennes et russes
L’Ukraine est le troisième exportateur mondial d’orge, le quatrième de maïs, le cinquième de blé. Si on lui ajoute la Russie, on se retrouve face à la première zone d’exportation des grandes cultures dans le monde… Avant le 23 février 2022 (donc avant l’invasion russe), les prix de l’énergie, des engrais, des matières premières étaient déjà à la hausse, depuis, des niveaux record ont été atteints… Avec des répercussions généralisées. Lesquelles ?
Un impact sur les coûts de production de l’agriculture
Le conflit va entraîner une hausse des prix de l’énergie. Le pétrole (le 2 mars 2022 au matin, le baril a atteint le niveau historique de 110 $, ndlr) va renchérir le coût du transport et du machinisme agricole ; quant au gaz naturel, la nouvelle dynamique de hausse impacte les coûts de séchage et de fabrication des engrais azotés (indispensables en céréales) et l’énergie des usines de transformation comme le sucre et l’amidonnerie.
Un problème de coût et de disponibilité des matières premières
Ce problème de coût et de disponibilité des matières premières concerne notamment la nutrition animale, avec les tourteaux de tournesol très largement importés d’Ukraine. Ce qui ne va pas aider des filières d’élevage déjà fragilisées (notamment du porc et de la volaille) en France… mais encore plus en Espagne et en Italie. Très dépendants des importations de maïs, ces deux pays ont des stocks qui ne dépassent pas les trois semaines de production.
Et sur le blé ? Si en France, il n’y a pas de souci d’approvisionnement en blé pour la meunerie, la boulangerie et l’amidonnerie« il y en aura peut-être sur les prix ». Au niveau des échanges internationaux de blé, les campagnes sont déjà bien engagées, et donc le reste à exporter plus limité. L’Argentine et l’Australie, qui ont effectué de très bonnes récoltes, pourront compenser en partie les tonnages manquants.
Un impact sur les échanges entre la France, la Russie et l'Ukraine
Forcément, les exportations agroalimentaires françaises devraient avoir un peu plus de mal à se poursuivre vers la Russie (780 M€ en 2021 dont 284 M€ de boissons alcoolisées et 116 M€ d’aliments pour animaux), et vers l’Ukraine (180M€). Par ailleurs, les entreprises françaises présentes dans ces deux pays pourraient voir leur activité affectée selon la durée du conflit ; pour l’heure, celles en Ukraine (orientées sur les semences, le malt) sont pour beaucoup à l’arrêt –quand elles ne sont pas bombardées-, l’enjeu étant d’abord de protéger les salariés.
D'où un enjeu à moyen/long terme
Dans ce contexte, les représentants de FranceAgrimer estiment nécessaire de « réindustrialiser le complexe agricole français et européen. La France et l’Europe doivent redevenir des puissances agricoles fortes, dans le respect de la terre et des hommes ».

Bienvenue !

Vous êtes désormais inscrit. Vous recevrez prochainement notre newsletter hebdomadaire NEORESTAURATION.

VOS EVENEMENTS
Tous les événements
02
dé - Paris
Formation - Category Management en RHD

Bâtir une approche efficiente

05
dé - Paris
CONGRÈS RHD 2022

Fidélité, ancrage territorial, expérience…quelles redéfinitions de l’écosystème de la RHD

Nous vous recommandons

L'Ania, l'association des industries alimentaires, s'inquiète

L'Ania, l'association des industries alimentaires, s'inquiète

« On pédale beaucoup sans savoir où on va », a résumé Jean-Philippe André, lors de la conférence de presse de rentrée de l’Association nationale des industries alimentaires (Ania) dont il est le président. D'après les données...

29/09/2022 |
L’upcycling des containers est en train de prendre en restauration

L’upcycling des containers est en train de prendre en restauration

Marie-Odile Fondeur, directrice de la Fondation pour la cuisine durable by Olivier Ginon

Interview

Marie-Odile Fondeur, directrice de la Fondation pour la cuisine durable by Olivier Ginon

Bun’s Baker joue la carte de la boulangerie artisanale BtoB

Bun’s Baker joue la carte de la boulangerie artisanale BtoB

Plus d'articles