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F comme FOURNISSEURS

Hélène Lerivrain

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F comme FOURNISSEURS

© PA/GETTYIMAGES

 

Fournisseurs. « Tous les fournisseurs de la restauration hors domicile ne vont pas mettre la clé sous la porte, mais certaines entreprises doivent faire face à des difficultés très sérieuses. »

Frédérique Lehoux, directrice générale du Geco Food Service, n’y va pas par quatre chemins : « La situation est catastrophique ! » Selon un baromètre de l’Ania, entre mars et mai, la baisse de chiffre d’affaires des entreprises alimentaires sur le volet RHD se chiffrait en moyenne à 50 %. Deux tiers des entreprises étaient concernées par une baisse de plus de la moitié du chiffre d’affaires. « C’est extrêmement compliqué pour la pomme de terre, les canards gras ou encore les produits de pisciculture », témoigne Frédérique Lehoux. mais, au-delà des produits, les entreprises qui s’en sortent le mieux en cette période de crise sont surtout celles qui ont de la trésorerie et qui ont diversifié leur portefeuille.

« Le groupe Kaviar, que je dirige, ne travaille pas que pour la RHD. Nous sommes présents à l’export et une partie de la production part en grandes surfaces. Mon chiffre d’affaires a chuté de 25 %, mais cela ne met pas en péril mon entreprise », explique Laurent Dulau, qui préside par ailleurs le groupe de travail RHD au sein de l’Ania (association nationale des industries agroalimentaires). « L’activité de RHD n’est pas toujours conséquente. Elle est en revanche importante dans le modèle économique », insiste Frédérique Lehoux.

À titre d’exemple, le groupe Vandemoortele s’est lancé dans la RHD en 2018 avec une gamme de sauces, considérant que le marché de la restauration était très porteur.

 

Quel repositionnement ?

Pour passer la crise, les entreprises produisent moins, limitent les références, se recentrent quand elles le peuvent sur des produits encore demandés et se reportent sur la GMS et le retail. « La question de la stratégie de repositionnement se pose », confie Frédérique Lehoux. Pour autant, « certains produits ne sont pas transférables en l’état dans les linéaires des grandes surfaces. Cela implique de revoir plus ou moins son process industriel. Beaucoup de produits sont exclusivement destinés aux professionnels, comme les blancs d’oeufs ou les oeufs précassés ». Le fabricant de jus de fruits et nectars de dégustation, Alain Milliat, qui travaille à 75 % pour la RHD, en particulier pour des chefs étoilés, n’a pour sa part pas souhaité se tourner vers la grande distribution. Il a en revanche créé un produit plus accessible à destination du snacking pour, dit-il, « Faire rentrer ses produits dans le quotidien des consommateurs ». Le groupe Vandemoortele démarche de son côté les restaurateurs qui font de la vente à emporter et du snacking. Bilan ? « Il y a une réponse par entreprise », commente Alain Milliat.

 

Un dialogue essentiel

 

Parmi les conseils prodigués aux entreprises, qui sont peu nombreuses à prendre la parole tant la situation est compliquée, le Geco insiste toutefois sur l’importance de dialoguer avec les grossistes, les distributeurs et avec le monde de la restauration pour s’adapter. le groupe Kaviar a, par exemple, incité les chefs à remplacer le caviar chinois par du caviar français. « Cela a fonctionné par solidarité économique », reconnaît Laurent Dulau. Ce dernier conseille également à toutes les Pme de trouver des moyens, notamment via le web, de vendre en direction du consommateur final. « La communication digitale est indispensable pour atteindre le B to B », ajoute Erwan Dubois, directeur commercial France chez Vandemoortele. « Il faut être solidaire et inventif. C’est catastrophique, mais cela fait sept mois que je mène ce combat. Il faut être pugnace », avoue laurent Dulau.

Des avancées sont d’ailleurs à noter. Suite à la publication du décret du 2 novembre, les fournisseurs des marchés de RHD vont pouvoir accéder au fonds de solidarité. « Cette annonce sonne comme une délivrance pour ces fournisseurs qui avaient été oubliés dans les premières mesures de soutien annoncées en mars. Malheureusement, ces mesures arrivent très tard et ne seront pas suffisantes pour pérenniser cette filière », réagissent l’Ania, la coopération agricole et la FNSEA. Reste notamment à travailler sur les problèmes de stocks et les problèmes de trésorerie. « Certaines PME ont déjà consommé le prêt garanti par l’État (PGE), qu’il va falloir rembourser », relaie Laurent Dulau. « Nous avons la chance d’avoir une filière d’excellence en France. Mais la restauration ne pourra pas  redémarrer dans de bonnes conditions si nous perdons une grande partie des entreprises fournisseurs », alerte Frédérique Lehoux.


 

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