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Du pain bénit pour la France

Paul Fedèle

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Ils ont pour notre pays une admiration profonde et sincère. Alors que les touristes américains nous font encore défaut, les Russes, eux, viennent en France chaque année plus nombreux pour goûter généreusement à notre art de vivre. Une aubaine à saisir !

Qui n'a pas vu la France n'a rien vu ! » à en croire Alexan-dre Beltchikov, le gérant de l'agence Évolution Voyages, spécialisée dans l'accueil des Russes dans notre pays, visiter la France est l'un des rêves auxquels aspire une grande partie de ses compatriotes. Un tropisme hérité de l'histoire intime qui lie les deux pays. Un passé commun qui place l'Hexagone en bonne place dans la cote d'amour des Russes.

 

Une passion ancienne, récemment libérée

« Notre attirance pour la France nous a été transmise par nos parents et nos grands-parents, un mythe relayé par les films et les chansonniers français », explique Maria Moskvina, originaire de la ville d'Ekaterinbourg, dans l'Oural, et agent de voyages en France depuis 2000. « C'est aussi le fruit d'un système éducatif qui n'a jamais négligé ni la langue française ni sa littérature », ajoute Julia Choumskaya, arrivée en France en 1999 et qui travaille aujourd'hui dans le tourisme à Paris.

Longtemps bridée par un système hermétique, cette passion a pu être libérée sitôt l'ouverture des frontières. Résultat : la fréquentation russe a explosé en France (+ 17 % entre 2002 et 2003) malgré la dépréciation du dollar qui, depuis deux ans, a renchéri la zone euro de près de 30 %. Avec 232 100 visiteurs accueillis en 2003, notre pays est aujourd'hui au neuvième rang du classement des destinations prisées par les Russes en 2003, derrière l'Égypte, la Pologne et l'Allemagne, mais loin encore après la Finlande.

« L'intérêt des Russes va crescendo », constate Michel Bouquier, délégué général à la direction du tourisme et des congrès de Monaco, qui estime à 40 % la hausse de la fréquentation depuis deux ans dans la Principauté. Cette tendance est générale en région PACA. Selon le baromè-tre de conjoncture de l'Observatoire du tourisme, seuls les flux touristiques en provenance de la Russie étaient en progression en 2003 (+ 5 %). Même son de cloche à Paris, avec + 5 à + 8 % sur les huit premiers mois de 2004, après + 7,3 % en 2003. En deux ans, les salaires de la population russe ont progressé de près de 70 %, autorisant l'émergence d'une classe moyenne dans la plupart des grandes villes. Plus de 18 millions de Russes sont partis à l'étranger en 2002, la plupart originaires de Moscou, de Saint- Pétersbourg ou d'Ukraine. Dont 45,4 % pour les pays d'Europe.

 

À table, ce sont de vrais explorateurs culinaires

Si Maria Moskvina a retrouvé la France de ses rêves en arrivant dans l'Hexagone en 2000, elle a été surprise par un certain manque de générosité très français et par une certaine forme d'individualisme. Mais pour cette Russe qui a travaillé à Nice et à Courchevel, ces petits travers n'entament en rien son goût pour le « made in France ». Notamment la restauration qui, pour elle, rime avec qualité et fête. « En France, nous n'hésiterons pas à fréquenter les beaux restaurants et à dépenser en conséquence pour des moments d'exception. » Car les Russes apprécient particulièrement l'exploration culinaire, goûter ce que qu'ils ne connaissent pas.

« Lors de mes premières expériences dans des restaurants français, j'ai commencé par les fruits de mer, notamment les huîtres et les moules, qu'on trouve difficilement en Russie, mais aussi par toutes les spécialités typiquement terroir, comme les cuisses de grenouilles, le foie gras, les escargots... », ajoute Julia Choumskaya. Voilà pourquoi les formules ou menus dégustation leur conviennent bien. Ils peuvent ainsi papillonner d'un produit à un autre comme ils le font chez eux avec leurs « zakouskis », des amuse-bouches locaux.

« Une vraie curiosité qui en fait parfois des clients indécis », note toutefois José Tavares, directeur de la Brasserie Kronenbourg, située à Paris sur les Grands Boulevards : « Il n'est pas rare de les voir commander, puis de rappeler le serveur pour modifier leur menu à la vue d'un plat servi à une table voisine » ; il faut alors faire preuve de patience et d'une certaine souplesse.

Quand plats, vins et alcools boostent l'addition

« Nos goûts alimentaires rejoignent ceux des Français, avec une tendance marquée pour les plats de tradition française, les bons vins et les fromages », ajoute Julia Kotova, employée de banque à Moscou. Ses lieux de prédilection lorsqu'elle est à Paris : le quartier du Marais et les petits bistrots.

Même cote d'amour pour Julia Choumskaya, qui apprécie cet art de vivre à la française, qu'elle résume en un bon plat traditionnel et une bonne bouteille de vin. Car si certains Russes ne démordent pas de la vodka pour accompagner un repas, la nouvelle génération affectionne davantage les bordeaux et les bourgognes, à l'instar de Serge Mingareev, ingénieur chez Total à Moscou. Tendance confirmée par José Tavares : « Ils aiment les bons crus, tout comme les digestifs forts : armagnac ou cognac. »

« Tous sont cependant loin d'être des oenologues avertis, reprend Maria Moskvina. Quand ils ne connaissent pas, j'ai remarqué qu'ils retenaient, comme gages de qualité, les vins de châteaux ou "le cher". »

« Lorsque vous accueillez des Russes, la structure et l'ordonnancement d'un repas peuvent parfois surprendre », reprend le directeur de la Brasserie Kronenbourg, qui accueille plus de 50 Russes en moyenne tous les jours. « Il n'est pas rare de les voir commander deux ou trois entrées par personne, voire deux plats ! » Des réflexes culturels liés à leur goût pour la variété, dont les effets se ressentent sur les additions. Le directeur de ce restaurant du groupe Blanc constate que celles-ci sont entre 5 et 10 % plus élevées que celles des autres touristes. Un ticket moyen boosté aussi par la boisson.

 

Hypersensibles à l'accueil et peu soucieux du paraître

« Exigeants, les Russes aiment être entourés, conseillés et compris », indique Antonio Focchi, premier maître d'hôtel du restaurant du Méridien Beach Plaza Monte Carlo, qui se fait assister d'un interprète russe durant l'été, période pendant laquelle l'établissement reçoit 42 % de sa clientèle russe. à la Brasserie Kronenbourg, c'est un maître d'hôtel qui pratique la langue, pour le plus grand plaisir de ses hôtes. « Ils y sont très sensibles », rappelle José Tavares. Sa carte traduite en russe est aussi fort appréciée, comme celle de Léon de Bruxelles, mise en place l'an dernier. L'enseigne note d'ailleurs leur intérêt grandissant pour ses formules de moules-frites.

La montée en puissance de cette clientèle n'échappe pas non plus aux grandes tables parisiennes. « Ils me rappellent, par bien des égards, la clientèle d'antan des pays du Golfe : un bon pouvoir d'achat et une présence remarquée », précise Francis Coulon, directeur de salle du Jules Verne, à la Tour Eiffel. Le restaurant étoilé enregistre au minimum une table de convives russes à chaque service : « Ce sont de bons consommateurs, cependant très spontanés et assez peu soucieux du paraître, encore moins des horaires. Et dont les enfants sont rois. » à ne pas négliger en cas de réservation.

Beaucoup d'attention, de qualité et de variété, de l'authenticité, les Russes ne demandent qu'à vivre leur rêve français. Il ne faudrait surtout pas les décevoir.

 

 

Leur profil

 

Jeunes Leur âge moyen est de 35 ans et 60 % d'entre eux sont des hommes Moscovites 55 % sont originaires de Moscou, la plupart issus de la classe moyenne Dépensiers Leur budget moyen est de 1 000 à 1 500 € par semaine et par personne Leur dépense moyenne est 10 % plus élevée que celle des autres touristes étrangers Curieux Ils sont en général bien renseignés avant de se déplacer quelque part Sélectifs Paris, Nice-Côte d'Azur et Rhône-Alpes restent leurs destinations phares Séduits Leurs intentions de retour en France atteignent 94 % Sources : Maison de la France, Offices de tourisme de Paris et de Nice, agence Goskomstat

232 100

 

visiteurs russes en France en 2003 > + 5 % le taux de progression de la clientèle touristique russe en région PACA en 2003 > + 7,3 % la hausse de fréquentation à Paris en 2003 et + 5 % à + 8 % sur les huit premiers mois de 2004

 

Source : Observatoire du Tourisme

Ils aiment

 

  • Un interlocuteur parlant russe ou une carte traduite en cyrillique .
  • Les menus dégustation, dans l'esprit de leurs « zakouskis » .
  • Pouvoir changer la commande ou modifier un plat .
  • Les mets signant la tradition française
  • Les brasseries, les gastro, les fast-foods.
  • Les fruits de mer .
  •  Les vins de châteaux et les alcools forts.
  • La soupe à midi (pas le potage).
  • Les petits déjeuners roboratifs avec plats chauds.
  • Se regrouper autour de grandes tables.

Ne soyez pas surpris s'ils...

 

  • Commandent du thé ou du café avec leur entrée.
  • Prennent deux ou trois entrées par personne, voire deux plats.
  • Choisissent les vins les plus chers, lorsqu'ils ne connaissent pas (pour eux, prix élevé signifie forcément qualité).
  • Consomment, en couple, deux bouteilles de vin.
  • Paient de grosses sommes en cash.
  • Choisissent des plats d'adultes pour leurs enfants

Ils n'aiment pas

  • Les plats ou les restaurants russes quand ils sont à l'étranger .
  • Les abats et la viande saignante.
  • Un service peu attentionné (les Russes sont très susceptibles sur ce point).
  • Faire des efforts pour se faire comprendre.
  • Les petites portions.
  • Regarder l'heure : ils prennent leur temps et ne sont guère ponctuels.
  • Les lieux non fumeurs : la plupart sont accros à la cigarette, voire au cigare

L'avis de ... Alexandre Beltchikovattention de ne pas tuer dans l'oeuf la poule aux oeufs d'or!

 

Avec plus de 20 000 touristes individuels russes ou ukrainiens accueillis et orientés en France, notre agence s'impose comme un spécialiste de la destination. L'assouplissement de la politique de délivrance de visas a eu pour effet de stimuler la demande de voyages, notamment vers la France, un pays pour lequel les Russes gardent des liens historiques et affectifs très forts. Très épicuriens, ils affectionnent les belles tables, aiment être entourés, et n'hésitent pas à dépenser dans les restaurants étoilés tout comme dans les brasseries parisiennes. Même s'ils ont un rapport approximatif à l'argent, ils sont exigeants en matière de services et d'informations et reprochent aux hôtels-restaurants français de ne pas être à la hauteur des tarifs pratiqués. Et si la place de la France a reculé dans le classement des destinations prisées par les Russes, c'est en partie pour cette raison. Gare, cependant, à ne pas décevoir de grandes illusions ! Car, alors que les clients russes affluent chaque année plus nombreux dans l'Hexagone, poussés par un idéal, nous constatons déjà qu'une partie de la clientèle à fort pouvoir d'achat délaisse la France pour l'Italie. Attention, donc, de ne pas tuer dans l'oeuf la poule aux oeufs d'or !

 

Sensible à l'authentique, je m'informe avant de sortir et j'évite les pièges à touristes

Je n'hésite pas, pour fêter une grande occasion, à me payer une bonne table et un très bon vin

J'ai toujours été fascinée par la culture et la gastronomie françaises

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