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David Mandefield : « Ne pas confondre difficultés financières avec difficultés d’exploitation »

La rédaction de Néorestauration

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Le directeur juridique du groupe Méridien, et président de Méridien SA France, dédramatise la situation financière très tendue de la chaîne et dément la vente de grands hôtels français. Entretien.

A l’image du tourisme en général et de l’hôtellerie international en particulier, la chaîne Le Méridien traverse une période orageuse. La situation serait sans doute moins délicate si la chaîne qui compte 145 hôtels sous enseigne dans le monde, cinq en France ne se trouvait pas dans une situation financière délicate puisque le groupe, cédé par Compass en 2001 à un consortium de banques conduit par le japonais Nomura, a éprouvé la plus grande difficulté à honorer ses dernières échéances. David Mandefield, directeur juridique du groupe, dédramatise pourtant la situation, qui selon lui ne met pas en péril les fondamentaux d’une chaîne qui a connu d’autres tempêtes.

Néorestauration : Le groupe Le Méridien traverse une situation très critique. On laisse entendre que l’enseigne est au bord de la faillite. Qu’en est-il exactement ?
David Mandefield :
Même si les recettes sont en baisse, comme c’est le cas d’ailleurs pour nos principaux concurrents, les problèmes rencontrés aujourd’hui par Méridien ne sont pas liés à des difficultés d’exploitation. Ce n’est pas la première fois que le groupe traverse des crises cycliques avec une baisse notoire du CA et du TO et nous nous en sommes toujours sortis. Le problème cette fois-ci est principalement d’ordre financier. Les instruments financiers qui ont été mis en place pour syndiquer des prêts bancaires, au moment de la reprise, ont été fondés sur le modèle économique favorable des années 2000-2001, c’est à dire en période d’expansion. Or, la situation a bien changé avec le retournement économique. Les prévisions des investisseurs à l’époque, en l’occurrence des banques sont  loin des réalités d’aujourd’hui.

Pourtant vous aviez engagé un vaste plan de cessions d’actifs. Pourquoi une telle pression de la part des créanciers ?
D.M. :
C’est vrai que depuis plus d’un an nous avions entamé, comme la plupart des groupes hôteliers internationaux, une séparation de nos activités patrimoniales de celles d’exploitation. Mais, au vu de la situation du marché immobilier, notre programme de cessions d’actifs a pris du retard. Ce qui a déséquilibré le montage financier, même si plusieurs hôtels ont déjà été cédés, à Londres et récemment en Espagne, puisque le Ritz Madrid vient d’être vendu il y a dix jours pour 125 M$.
Si certaines des sociétés financières d’acquisition rencontrent actuellement des difficultés et éprouvent sans doute le besoin de transformer rapidement leur investissement, en revanche les sociétés d’exploitation de Méridien sont loin d’être en faillite!

On évoquait la vente possible de certaines grandes adresses françaises comme les Méridien Etoile et Montparnasse, voire un gel pur et simple d’un ambitieux programme de rénovation de plus de plus de 1,5 md £ ?
D.M. :
  Pas du tout ! Le Méridien Etoile qui fut le premier établissement de la chaîne est presque entièrement payé et la question de sa cession ne se pose même pas, pas plus que celle du Méridien Montparnasse, pour lequel le renouvellement de bail a été signé avec le propriétaire Unibail. Nous prévoyons d’ailleurs des travaux importants de rénovation. Quant au calendrier général d’investissement qui avait été annoncé - s’il subit des retards, qui s’expliquent - il n’est pas remis en cause pour le moment.

Il semblerait que le nouveau directeur général du groupe, Stephen Alexander, qui a succédé à Juergen Bartels, désigné coprésident, ait rendez-vous avec ses banques créancières le 19 mai pour présenter un plan de sauvetage face à une dette de plus de 1,45 md € ?
D.M. :
C’est vrai que la société d’acquisition représentée par son directeur général est actuellement en rapport étroit avec les banques créancières pour trouver une solution à la situation actuelle. Mais aucun calendrier précis n’a été fixé, si ce n’est que nous devrions y voir plus clair à la fin du mois de mai. Il serait logique d’envisager plusieurs scénarios, comme un rééchelonnement des prêts, une restructuration ou un rafraîchissement du capital.
Propos recueillis par Paul Fedèle
pfedele@neorestauration.com

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