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Consommation responsable : le Français plus consommateur que citoyen

ENCARNA BRAVO

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Consommation responsable : le Français plus consommateur que citoyen

 

L’ObSoCo et Citeo ont souhaité livrer un panorama étendu du rapport des Français à la consommation et aux modes de vie responsables : des croyances et attitudes jusqu’aux comportements qui visent à réduire leur impact environnemental ou exercer un effet social ou sociétal positif. L’ambition de cette vaste étude est d’aider à comprendre les contours de cette nouvelle consommation (enquête en ligne conduite du 26 août au 22 septembre 2020 auprès d’un échantillon de 3 851 personnes représentatif de la population de France métropolitaine âgée de 18 à 75 ans)

L’Observatoire souligne le fort niveau de conscience de la gravité de la situation environnementale, jugée très préoccupante par 61% des Français au point d’appeler à leurs yeux « des changements radicaux afin de produire et consommer moins mais mieux ». La montée en puissance de cette préoccupation s’accompagne d’une radicalisation dans la manière de penser le rapport de l’homme à la nature qui témoigne d’un véritable changement culturel.

Une proportion massive de 90% de Français s’accorde ainsi sur l’idée que « l’interférence de l’action humaine sur la nature produit souvent des conséquences catastrophiques ».

L’un des apports majeurs de l’étude est d’éclairer sur ce que les Français entendent par la consommation responsable en recueillant la façon dont ils l’expriment et la définissent eux-mêmes par le biais d’une question ouverte. L’analyse de leurs 3 851 réponses révèle la richesse de sens que revêt pour eux cette notion polysémique.

La gestion des déchets et le recyclage occupent une bonne place dans les dimensions associées au sujet. Mais le premier critère est l’ancrage local de la consommation.

Porté par la crise sanitaire, le « localisme » apparaît conjuguer les deux piliers de la consommation responsable : la réduction de l’impact environnemental couplée à une recherche d’impacts sociaux et sociétaux positifs, qui se reflète dans le désir de soutenir l’économie de son pays, de sa région, de son quartier.

Un autre résultat étonnant de l’Observatoire réside dans la croyance élevée des Français interrogés dans la portée de leur action individuelle. S’il leur apparaît incomber à tout un ensemble d’acteurs d’agir activement en faveur de l’environnement, 46% des répondants placent les consommateurs en 2èmeposition dans ce paysage, loin derrière l’Etat (61%) mais devant les grandes entreprises (43%).

 

En regard d’une disposition des attitudes et croyances favorable à l’action, l’étude a sondé les Français sur ce qu’il en était de la réalité de leurs comportements responsables. Une majorité d’entre eux (59%) déclarent avoir significativement intégré l’impact environnemental et dans une moindre mesure (40%) les impacts sociaux et sociétaux dans leurs choix de consommation. Toutefois l’analyse des pratiques responsables qui ont été appréhendées dans l’étude de façon exhaustive montre que l’engagement à leur égard se révèle dans le détail très inégal et hétérogène.

Certains comportements responsables apparaissent d’ores et déjà largement établis. Le tri des déchets ménagers (que 91% des personnes interrogées disent pratiquer régulièrement ou systématiquement) se hisse au 1er rang d’un peloton de tête où figurent également la consommation de produits bio ou équitables et le « faire soi-même » qui s’est amplifié avec la crise sanitaire. 82% des répondants ont en effet affirmé pratiquer au moins une des 11 activités abordées dans l’étude (bricolage, jardinage, autoproduction...).

D’autres comportements moins diffusés témoignent néanmoins de trajectoires de transition en cours. Le régime alimentaire des Français semble notamment évoluer dans un sens favorable à l’environnement : moins de viande, plus de fruits et légumes, moins d’eau en bouteille et davantage d’usage de la gourde, plus d’achat de produits bio ou issus du commerce équitable...

L’Observatoire dresse une typologie des profils de consommateurs responsables qui tranche avec les stéréotypes habituels. Loin de n’être qu’une affaire de capital économique, culturel et symbolique, l’adoption de démarches responsables semble tenir avant tout à des valeurs et au rapport au monde. Les 18-24 ans se situent très souvent en pointe par rapport aux autres tranches d’âge. La typologie met en lumière la diversité des manières de consommer et de vivre de manière responsable. Trois groupes, sur les cinq identifiés, sont significativement engagés dans la consommation responsable et représentent, réunis, 44 % de la population française. Et parmi eux deux groupes se détachent et constituent les fers de lance de la consommation responsable : les « climato-natifs » et les « écolos-responsables ».

 

  • Les « écolo-responsables » (17 % de la population) forment en quelque sorte la vieille garde. Leur engagement porte tout autant sur la dimension environnementale que sur la dimension sociale et sociétale en cohérence avec un système de valeurs orienté vers l’altruisme.
  • Les « climato-natifs » (11 % de la population) sont beaucoup plus jeunes et affichent à la fois une conception très radicale de la relation des Hommes à la nature et un système de valeurs orienté vers l’épanouissement et la réalisation personnelle.
  • Les «écolo-hipsters» (16% de la population), souvent CSP+ et fortement diplômés combinent une fibre altruiste avec un net penchant pour le consumérisme qui les conduisent plus vers un verdissement de leur consommation et de leurs modes de vie que vers un véritable engagement responsable

 

L’enquête pointe différents obstacles en cause dans l’écart entre les intentions et la réalité des comportements. Près de 60 % des Français estiment qu’il est difficile de consommer de façon responsable. Au-delà de la gestion des déchets, en tête des démarches jugées faciles pour 83% des répondants, trois dimensions majeures freinent l’adoption de comportements responsables : le coût (52% des répondants), l’insuffisance de l’offre (40%) et enfin le manque d’information (38%).

Autant de leviers qui constituent des marges de progrès pour les entreprises, fortement attendues sur le terrain de l’innovation et de la pédagogie. S’il reste beaucoup à faire pour encourager et faciliter le passage à l’acte, l’Observatoire indique qu’un changement culturel est en cours. L’étude révèle également que la diffusion de la consommation responsable est d’autant plus forte qu’elle combine bénéfices consommateurs et contribution au bien commun.

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