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Concept tour 4 / Sophie Quetand, COO de FoodChéri : « Prouver que le modèle est vertueux et rentable »

Concept tour 4 / Sophie Quetand, COO de FoodChéri : « Prouver que le modèle est vertueux et rentable »

Sophie Quetand, COO de FoodChéri

Depuis sa création en 2015, FoodChéri a une mission : être le premier acteur de l’alimentation engagée, en proposant à ses clients une alimentation bonne pour la santé, la planète, et bonne tout court, chez eux et au bureau. Avec FoodChéri -sa marque initiale d’offre de plats ultrafrais réalisés à partir d’ingrédients locaux et bruts, faits maison, depuis 2015- puis Seazon -une box par abonnement de plats proposée depuis 2018-, le restaurateur engagé qui livre a bien performé pendant la crise, comme l’explique Sophie Quetand, sa COO.

 

 

Comment avez-vous traversé cette crise ?

Nous avons enregistré en 2020 une croissance à deux chiffres, dans la lignée des années précédentes, car nous sommes sur les bons enjeux, ceux du mieux manger. Cette tendance a été accélérée par la crise, mais elle existait avant. Nous y répondions déjà, puisque nous sommes à la base un restaurateur avec des engagements très forts : 91 % de nos recettes sont Nutriscore A ou B ; nous partons de produits frais, toujours de saison, en priorité bio et labellisés. Nous satisfaisons toutes les typologies de clients, végétariens, végans, flexitariens etc. Nous réduisons les protéines animales, nous indiquons l’empreinte carbone sur nos plats etc. 

Comment s’est comportée votre deuxième marque, Seazon, pendant cette période ?

Dans le cadre du télétravail, c’est toute une cible de clientèle qui s’est mise à commander cette box par abonnement. Celle-ci permet au consommateur, partout en France, de se faire livrer une fois par semaine 4, 6, 8 ou 12 plats à la DLC minimale de 5 jours. La Covid en a vraiment accéléré la demande.

Comment êtes-vous organisés ?

Tout est fabriqué dans notre cuisine, à Sucy en Brie (2500 m2)  pour garantir la même qualité de sourcing. Les plats Seazon, en barquettes operculées sous atmosphère protectrice, sont acheminés partout en France par Chronofresh, Ceux de FoodChéri partent vers nos 8 hubs à Paris, Lyon, Bordeaux et Lille où des spécialistes de la livraison du dernier kilomètre prennent le relais pour livrer nos clients. 

Comment envisagez-vous l’évolution en ce moment ? 

C’est très compliqué de réussir à prévoir… Comme nous sommes une entreprise tech, tout est calibré sur des algorithmes, des prévisions : tous sont faussés car il n’y pas d’équivalent à la période. On sent un léger freinage dans l’ultra-croissance de Seazon, peut-être liée à la diminution du télétravail. En même temps, dès que nous avons moins de soutien marketing, nos ventes tendent à diminuer. Nous avons en ce moment des campagnes d’affichage dans le métro et d’autres à venir en décembre-janvier.

En 2021, vous développez beaucoup le BtoB ?

Oui, avec des frigos connectés (on en a placé 10), la mise en oeuvre de solutions sur place comme le click and collect -dans des horaires limités, les consommateurs peuvent passer les commandes que nous livrons en une fois-, et l’ouverture de shops avec des contenants réutilisables. Nous allons muscler l’équipe commerciale BtoB pour renforcer notre côté cantine 2.0 et capitaliser sur notre actionnaire pour voir les synergies qui peuvent être mises en place. 

Quel type d’entreprise ciblez-vous ?

Notre démarche a un coût, notre offre est très qualitative, valorisée, donc on ne s’adresse pas à tout le monde : nous ciblons des entreprises qui portent de l’importance à l’engagement, à la juste rémunération des agriculteurs, aux circuits courts, à la démarche éthique etc. Nous sommes une entreprise à impact, à mission, nos produits doivent être bons au goût, mais aussi bons pour la santé, pour la planète. Nous sommes donc des vecteurs pour la politique RSE des entreprises. Nous apportons une solution, qui peut venir soit en complément, soit en substitution d’une restauration sur place. 

Quid de l’emballage ?

En BtoB, on propose un conditionnement réutilisable consigné en PP avec un partenaire qui gère toute la partie consigne ; c’est en test, mais voué à se développer plus largement puisque nous avons signé en février la charte d’engagement auprès du Ministère de la Transition écologique. La question, c’est de savoir comment se passent les transferts de responsabilité entre le centre de lavage et nous. Nous nous engageons sur une date limite de conservation, et s’il y a problème sanitaire parce que le contenant n’a pas été bien lavé, c’est de notre responsabilité selon la DGCCRF, donc nous mettons en place un double contrôle. Et par sécurité, nous avons réduit notre DLC à 3 jours, ce qui a un impact énorme d’un point de vue perte, mais nous préférons ça pour sécuriser nos convives. A noter que l’offre Seazon est en barquette plastique car il n’existe pas d’alternative sérieuse disponible. Nous avons une équipe dédiée à résoudre ce problème et à proposer un emballage plus respectueux de l’environnement, mais ce n’est pas simple.

Comment ressentez-vous la flambée du prix des matières premières ?

Nous avons réussi à être astucieux pour maintenir les prix en variant les produits utilisés : plutôt que d’utiliser exclusivement du blanc de volaille, on mixe avec d’autres parties, un peu moins chères. Nous maintenons  des prix iso, mais ça n’est que temporaire. Tous les rendez-vous fournisseurs sont en cours, nous aurons une vision plus complète après… 

Quel est votre objectif pour le futur ? 

Il consiste à prouver que le modèle Foodchéri -un restaurateur engagé qui livre-, est vertueux et rentable. Nos activités le sont dès lors qu’il y a un effet de volume. Donc il nous faut de la croissance et maximiser nos livraisons.

Propos recueillis par Sabine Durand et Isabelle Guimard, en novembre 2021

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