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Comment financ er son projet

Paul Fedèle

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- Si le montage d'un projet de restauration relève du chemin de croix, l'expérience professionnelle, la force de conviction et un dossier bien ficelé sont des atouts très précieux pour décrocher un financement. - Prêt d'honneur, PCE, voire prêt ADIE sont de nature à consolider ses fonds propres et à rassurer les établissements de crédit.

Monter son entreprise, devenir son propre patron, les Français en rêvent. Selon le baromètre Salon des Entrepreneurs-APCE réalisé chaque année par l'Ifop, 27 % des personnes interrogées souhaitent créer leur entreprise et 38 % dans les deux ans. Pourtant, même si le chef de l'État a souhaité dépasser le cap du million de nouvelles entreprises en cinq ans, que son gouvernement a opéré, en juillet 2003, une avancée législative considérable en la matière, il reste encore au porteur de projet à convaincre son banquier. C'est là que le bât blesse. Car la restauration est un métier à risques, avec un fort taux de défaillances d'entreprises. Selon les données Coface Rating.fr, l'indice de confiance de la restauration commerciale en général était, à fin octobre, de 4,3 sur 10 (4,6 pour la restauration collective), contre 6,8 pour les activités de santé, les mieux classées des services à la personne !

Une activité à risques, que confirment les chiffres

S'il s'est créé sur les douze derniers mois 13 975 entreprises en restauration commerciale (- 12,77 %), 3 302 affaires ont disparu et 9 429 ont cessé leur activité. Conclusion d'un banquier : « Trop de projets sont lancés dans ces secteurs sans compétences professionnelles et avec des plans de financement bancals, la palme revenant à la restauration rapide non organisée où des établissements fleurissent aussi vite que d'autres disparaissent. » Ce qui conduit le monde bancaire à se montrer particulièrement circonspecte face à tout nouveau projet, à requérir des garanties et à être exigeant sur le professionnalisme de l'emprunteur.

« Nous ne sommes pas des prêteurs sur gage », se défend pourtant Jean-Noël Joatton, du Crédit agricole, mais il faut comprendre que le niveau de garanties est proportionnel au niveau de risque qui, dans la restauration, est élevé. Selon lui, ce qui compte, c'est le profil de l'emprunteur, son expérience, son parcours et, parfois, sa formation. Mieux vaut donc justifier d'un vrai bagage professionnel.

Preuve en est le financement du tout nouveau restaurant de Nicolas Le Bec, ouvert début décembre à Lyon, qui a surtout reposé, outre les cautions bancaires (nantissement du fonds de commerce, caution Sofaris sur 50 % du crédit bancaire...), sur la crédibilité de l'homme et sa réussite aux commandes du gastro Les Loges (Hôtels la Cour des Loges).

Les pouvoirs publics ont, depuis quatre ans, multiplié les dispositions pour décrisper les relations entreprises-banquiers et inciter les organismes de crédit à plus de mansuétude, en encourageant la mise en place de structures intermédiaires d'accompagnement, de garanties, d'allégements fiscaux et de prêts divers cautionnés.

Quoique fort séduisantes, certaines des mesures de la récente loi Dutreil (lire encadré page 41) ne peuvent s'appliquer à la restauration commerciale, à commencer par la suppression du seuil minimal de capital social. « C'est même utopique de songer à créer une entreprise de restauration avec peu ou pas de fonds propres », affirme un banquier. C'est un secteur gourmand en capitaux. Le ticket d'entrée est lourd en centre-ville avec l'acquisition du pas-de-porte, du fonds de commerce et du matériel. Aussi, avant de se présenter devant son banquier ou son crédit-bailleur, mieux vaut soigner son business plan et afficher des fonds propres conséquents. A moins de 30 % d'apport, il est présomptueux d'imaginer trouver une oreille attentive.

Construire ses fonds propres et ne négliger aucune aide

« Pour constituer cette mise de fonds nécessaire, engager ses propres deniers est un bon moyen de prouver que l'entrepreneur est décidé à assumer lui aussi une part du risque », expliquent de concert plusieurs banquiers. Charge ensuite à lui de trouver les capitaux manquants (prêt personnel, prêt à l'entreprise, subventions, crédit bail, compte courant...) et d'adapter ses ressources financières à la durée de ses besoins. Internet est un bon moyen de préparer son dossier et de découvrir les dispositifs d'aide à la création d'entreprise (site de l'APCE, de la BDPME).

L'apport personnel peut être complété par du capital de proximité (famille, amis ou actionnaires privés). Mieux vaut alors veiller à se couvrir d'un délai d'exigibilité qui évitera toute velléité de récupération prématurée de fonds. Ensuite, pour boucler ses fonds propres, il reste différentes formes de subventions, d'aides et de prêts à ne surtout pas négliger car ils peuvent faire office de garanties vis-à-vis des tiers ou organismes de crédit. Figurent les subventions ou les prêts cautionnés par des brasseurs ou torréfacteurs.

Viennent ensuite les dispositifs d'aides distribuées par l'État ou[…]

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