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La cafétéria d’entreprise “100% bien vivre, zéro déchet” de Brâam

SABINE DURAND
La cafétéria d’entreprise “100% bien vivre, zéro déchet” de Brâam

Cafétéria Brâam

Centré sur la cafétéria d’entreprise, la start-up a adapté son modèle et son offre pendant la crise, comme le raconte son cofondateur Alexis de Loynes. Qui, après ses machines à café, fontaines à eau, bornes de gel hydroalcooliques et distributeurs de snacking, commence à s’intéresser à des activités complémentaires…

Depuis toujours au coeur du “100 % bien vivre” en entreprise, Brâam s’est orienté à sa création en 2017 sur le bien-être, pour se recentrer l’année suivante sur la cafétéria, « avec des solutions saines, naturelles et engagées », raconte Alexis de Loynes, son CEO et cofondateur avec Yann Simon. A partir de là, la start-up voit son chiffre d’affaires progresser, les clients se développer, des fonds se lever (2 M€ en décembre 2019)… Jusqu’à la Covid, qui vient bouleverser le monde en général, celui de l’entreprise en particulier avec le télétravail qui s’installe et les mesures sanitaires qui s’imposent. Brâam encaisse et s’adapte ; ajoute des fontaines à eau et des distributeurs de gel hydroalcoolique. Et continue de croître, peut-être moins fortement mais très sûrement…
C’est quoi Brâam aujourd’hui?
C’est une cafétéria saine, naturelle et engagée avec des machines à café en grains plus écologiques, plus économiques, des fontaines à eau fraîche, pétillante, tempérée, branchées sur le réseau d’eau public, les deux en version “table-top”, mais aussi du snacking et des paniers de fruits bio. Les clients viennent vers nous pour ce côté cafétéria nouvelle génération, en phase avec les aspirations des jeunes collaborateurs. Ils nous choisissent souvent pour changer de leurs solutions classiques, et nous font venir dans les mêmes appels d’offres que les frigos connectés.
Ce ne serait pas logique de vous associer avec ceux qui proposent des frigos connectés alors ? 
Effectivement… D’ailleurs, depuis très peu de temps, ils s’intéressent à nous comme partenaire stratégique.
Où en êtes-vous de votre développement ?
Notre croissance a été ralentie par la crise sanitaire mais elle reste forte : +  6 % en 2020, (contre - 40 % pour l’ensemble de la DA), + 19 % en 2021 (+10 % pour la DA) et cette année nous devrions atteindre 2,5 M€ et surtout nous sommes à l’équilibre avec une équipe d’une vingtaine de collaborateurs, 12 CDI. Nous sommes implantés dans tous types d’entreprise, que ce soient des grands groupes ou des PME, à 70 % en région parisienne. En tout cas, l’offre en distribution automatique a besoin d’un nouveau souffle ;  le modèle a été très impacté, le secteur est noté E dans l’étude Xerfi, c’est quand même un signal à prendre au sérieux. Nous avons perdu tous ensemble 30 % de volume de café, nos offres ont mieux résisté car nous faisons beaucoup de location financière. D’accord on faisait moins de café mais on continuait de nous payer les machines.
Vous parlez de location, comment s’organise-t-elle ?
C’est de la location clé en main -nous privilégions les contrats longue durée de 30 mois- : les clients paient un loyer fixe, qui comprend la mise à disposition de la machine à café, un full service entretien -nous sommes centre de service agréé Jura, marque avec laquelle nous travaillons énormément- et tous les consommables comme les filtres, les détartrages etc. Là-dessus vient se greffer un abonnement plus flexible, modifiable : nous estimons votre quantité de café, nous vous la livrons tous les mois mais vous pouvez ajuster en fonction de votre consommation liée au télétravail, aux vacances etc., c’est un modèle intéressant. Le café est ensuite offert aux salariés chez 80 à 90 % de nos clients : parce que, comme nous sommes aux alentours de 22/23 € le kilo pour 120 cafés, ça n’est pas trop lourd financièrement pour eux et qu’ils ont de plus en plus besoin de donner envie aux collaborateurs de revenir pour se retrouver. Offrir un café n’est pas un levier suffisant mais ça y participe. Les très grands groupes, eux, font payer le café car ça leur coûte trop cher ; ils sont intéressés par des systèmes hybrides, avec par exemple un café offert par jour. Nous sommes sur du cashless, donc quand le café n’est pas gratuit, les salariés paient par carte bleue ou badge. Sur les fontaines, l’eau est gratuite évidemment…Il y a une très belle synergie entre elles et les machines à café, on vend souvent le duo.
Et le snacking alors ?
L’activité représentait 30 % de notre chiffre d’affaires avant la Covid, elle s’est considérablement réduite pendant, du coup on a poussé les machines à café et les fontaines à eau (lancées en 2020 justement) pour lesquelles on sentait un véritable engouement. Et comme nous n’avons pas trouvé de vrai modèle différenciant -c’est de la DA avec juste des produits un peu plus sains-, on conserve l’activité, car on en a besoin pour certains appels d’offres, mais elle n’est plus un axe stratégique pour nous. Elle ne constitue plus d’ailleurs que 5 % de notre volume d’affaires. Quant aux paniers de fruits bio livrés toutes les semaines et offerts par les entreprises à leurs salariés en guise de petite attention, c’est sympa mais ce n’est pas ce qui paie les salaires. Toutes ces offres sont indépendantes…
Vous proposez aussi des distributeurs de gel hydroalcoolique depuis la crise sanitaire ?
Oui, lancer cette offre nous a aidés ; ça nous a évité de nous morfondre et nous a permis de garder les équipes motivées… Avec, on a engrangé beaucoup de chiffre d’affaires -300 K€-, moins de rentabilité, mais on met moins cette offre en avant, car on en a moins besoin… alors qu’on pensait que ça deviendrait un incontournable. Pendant cette période, nous avons aussi beaucoup réfléchi aux frigos connectés.
Ca veut dire que vous pourriez vous lancer sur le segment ?
On n'a pas d'idée vraiment arrêtée sur le sujet mais aujourd'hui, la concurrence est très forte, les levées de fond très importantes (Popchef a annoncé avoir levé 15 M€ la veille de l’interview) et la guerre des prix amorcée. C’est très bien pour le consommateur mais au niveau entrepreneurial, ça risque d’être difficile. Il faut voir si nous avons intérêt à nous lancer, d’autant que nous ne voulons pas être obligés de refaire une levée de fonds. Pour nous, c’est très important d’être indépendant financièrement.
Quid de l’impact de l’inflation ?
Il est réel. D'abord sur le café -son prix s’est envolé dès la fin 2021, on a donc augmenté nos tarifs de 10 % en début d’année et une deuxième augmentation en 2022 n’est pas exclue-, sensuite sur le snacking lequel nous avons commis l’erreur de ne pas augmenter les prix sur le snacking alors qu’il y a une inflation sur le coût d’achat. La flambée du coût du gaz nous impacte aussi… pour nos camions GNV.
Vous restez à l’affût, on l’a vu pendant la crise, quelles pourraient être vos pistes de développement ? 
Je vois beaucoup de solutions intéressantes se développer pour le monde de l’entreprise, comme par exemple les lave-tasses/verre -ce serait pertinent en complément de nos machines à café et fontaines à eau ; les machines à maté aussi -une alternative originale au café...
Propos recueillis le 1er juin

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