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Bien se protéger, un gage de sérénité

FLORENT MARTIN
Bien se protéger, un gage de  sérénité

Les inondations dues à la tempête Klaus ont causé, fin janvier, d'importants dégâts dans le sud-ouest de la France.

© © Éric CABANIS/AFP

Lors d'un sinistre ou d'un accident sur le lieu de travail, mieux vaut disposer d'un bon contrat d'assurance. Mais face aux nombreuses propositions des assureurs, le choix relève souvent du casse-tête.


Fin janvier 2009, la tempête Klaus s'abat sur le sud-ouest de la France. Des vents soufflent jusqu'à 170 km/heure sur les côtes, causant d'énormes dégâts matériels. La Fédération française des sociétés d'assurances (FFSA) recense entre 650 000 et 700 000 sinistres déclarés par des particuliers ou par des professionnels.

Le secteur de l'hôtellerie-restauration n'a pas été épargné. « La majorité des déclarations porte sur les dommages causés par la rupture d'alimentation électrique », résume Christophe Broux, président de l'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih) des Landes. Faute de courant, Frédéric Dubern, chef à Pouillon, dans les Landes, a perdu toute la marchandise stockée dans ses frigos et ses chambres froides. Le préjudice s'élève à 3 000 €. Un montant important, mais bien inférieur aux 10 000 € en lien avec la perte d'activité. « J'ai annulé une soixantaine de réservations, sans compter le manque à gagner de la semaine suivante, puisque je suis resté injoignable », affirme-t-il. Le chef a dû mettre ses cinq salariés au chômage technique.

NE PAS NÉGLIGER LA TERRASSE !

Au total, il estime à 13 000 € la facture laissée par le passage de Klaus. Son contrat d'assurance incluant la perte de marchandise (stock) et d'exploitation (charges fixes) quelles que soient les causes du sinistre, il a déjà été dédommagé à hauteur de 60%. Mais en règle générale, les assureurs délivrent ces garanties de façon limitée. Ces clauses s'appliquent avant tout lors d'un incendie, et sont rarement prises en compte en cas de coupure d'électricité liée à une tempête, par exemple. Il est donc important de vérifier les conditions générales de son contrat. « Plusieurs professionnels pensaient être couverts alors qu'ils ne l'étaient pas », ajoute Christophe Broux.

C'est le cas de Christian Delannoy, propriétaire d'un hôtel à Soustons, à l'ouest de Dax. Sans électricité pendant plusieurs jours, il a perdu 7 000 €. Une somme que son assurance refuse de lui rembourser. « Selon elle, mon contrat ne comprend pas la clause de perte d'exploitation dans cette situation. Aujourd'hui, c'est le statu quo. J'envisage une procédure judiciaire. »

Un point d'achoppement qui a forcé plusieurs compagnies d'assurance à clarifier leur offre. Leurs garanties portent désormais sur la perte d'exploitation suite à une carence en électricité ou à une rupture de la chaîne du froid. « Pour éviter les surprises, le restaurateur doit bien lire les conditions de son assurance. Il peut se rapprocher d'un cabinet de conseils et des syndicats professionnels », résume Christophe Broux.

Mais l'élément le plus risqué au quotidien est le lieu de travail. Il comprend le bâtiment et la terrasse. Avec l'entrée en vigueur de la loi antitabac en 2008, cette zone est utilisée toute l'année. Elle comporte de nombreux équipements, comme les stores et les parasols chauffants. « Les professionnels oublient souvent de l'assurer. Or, un sinistre peut coûter cher et les accidents sont fréquents », avertit Pierre de Quivières, inspecteur régleur à la Mutuelle d'assurance des professions alimentaires (Mapa). Mieux vaut ne pas se tromper sur la surface à assurer.

COUVRIR AUSSI LES PERSONNES

La nature de l'activité est aussi à prendre en compte. « Les restaurateurs qui proposent des plats à emporter et développent des prestations extérieures doivent le signaler. C'est essentiel en terme de responsabilité civile, surtout s'ils organisent des repas dans un endroit qui ne leur appartient pas. »

Sur le plan de la protection du chef d'entreprise, plusieurs assurances ont également mis au point des garanties prévoyance en cas d'arrêt de travail ou de longue maladie. Une indemnité complète celle versée par le régime social des indépendants (RSI). En moyenne, cette dernière atteint une vingtaine d'euros par jour, mais varie selon les revenus du restaurateur.

Pour le personnel, il existe une garantie de complément de salaire lors d'un accident ou d'une maladie. Certains assureurs proposent même de payer les dépenses supplémentaires liées à cette absence (frais de remplacement, charges...). En parallèle, le salarié bénéficie des avantages prévus par le régime de prévoyance de la branche hôtels-cafés-restaurants et proposés par HCR Prévoyance. Une couverture rendue obligatoire depuis le 1er janvier 2005. Contacts : www.umih.fr, www.hcrprevoyance.fr, www.mapa-assurances.com

CONSTATER UN SINISTRE

Ne pas hésiter à prendre des photos avec un appareil numérique ou un téléphone portable. Ce sont des pièces justificatives importantes à inclure dans le dossier de demande d'indemnisation. Notre conseil Prévoir des doubles des factures et des contrats. Ces documents doivent être rangés dans deux endroits distincts.

TENIR COMPTE DE LA FRANCHISE

Lorsqu'il déclare un sinistre, un assuré doit régler une franchise. Celle-ci est retenue sur la somme versée par l'assureur. Son montant varie en fonction des garanties de son contrat. Toutefois, moyennant un surcoût, il est possible de disposer d'une assurance sans franchise. À savoir Lors d'une catastrophe naturelle, une franchise contractuelle s'applique. Cette somme est versée à l'État et alimente le fonds de solidarité. Pour un commerce, son montant est actuellement de 1 100 €.

DÉCLARER TOUT LE MATÉRIEL

Il est nécessaire de signaler à son assureur toute acquisition de nouveau matériel. Cela modifie la valeur du contrat, et donc de l'indemnisation en cas de sinistre. Notre conseil Les contrats ont souvent une durée de douze mois. Avant le dernier trimestre, il est parfois opportun de faire une résiliation à titre conservatoire afin de revoir les termes de son assurance en fonction des investissements effectués.

PRÉVOIR LES VOLS ET CAMBRIOLAGES

Il est essentiel de vérifier, dans les conditions générales du contrat, que l'on est bien couvert en cas de vol de matériel et de marchandise. Certains assureurs imposent l'installation d'alarme ou de système de serrure afin de prendre en considération cette garantie. À savoir Plusieurs compagnies proposent en option une clause en lien avec le transport de fonds. C'est un plus si l'on se rend plusieurs fois par semaine déposer des liquidités à la banque.

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