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Avant-après la crise - Le Monde des Crêpes ou l’adaptabilité permanente

SABINE DURAND

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Avant-après la crise - Le Monde des Crêpes ou l’adaptabilité permanente

On peut être une PME agro-familiale bretonne et faire preuve de l’agilité d’une start-up, comme le montre Régis Jegou, directeur commercial France et Export de Le Monde des Crêpes, entité RHD de l’entreprise des Jarnoux, deuxième génération du nom.

La Crêperie Jarnoux, propriétaire de Le Monde des Crêpes, s’est souvent posée en précurseur depuis sa création en 1982 par Bernard Jarnoux et sa femme. En termes de débouchés d’abord, puisqu’ils ont été parmi les premiers crêpiers à approvisionner la grande distribution, notamment avec leur référence de galette de blé noir. En termes de conservation de leurs produits ensuite. Pour satisfaire la demande de clients japonais, désireux de retrouver les produits Jarnoux chez eux, le couple teste la surgélation. Ca marche ! Les produits sont toujours aussi bons après. Du coup, les Jarnoux ouvrent une deuxième société, dédiée aux crêpes et galettes surgelées… mais pour le monde professionnel cette fois. Aujourd’hui, les deux entités ont chacune leur atelier de production à Lamballe, leur centaine de salariés, mais leur direction, leurs équipes marketing et R&D sont communes, leur chiffre d’affaires équivalent...

Le Monde des crêpes, c’est donc l’entité BtoB. Comment se portait-elle avant la Covid ?

Avec nos crêpes, nos galettes de blé noir, nos pancakes, nos blinis, nous sommes présents sur tous les segments de la restauration, avec des recettes adaptées à chacun, et une volonté, celle de faire de la qualité à grande échelle… Lait frais entier, œufs frais, pas d’additif, pas de conservateur, un travail en local depuis toujours, des filières en direct  ; notre objectif, c’est que les agriculteurs vivent de leurs produits.
Avec 35 % des ventes réalisées à l’export -nous sommes dans plus d’une quarantaine de pays, sur tous les continents-, nous étions avant la Covid sur un rythme de croissance annuelle de 15 à 20 %... A fin février 2020, nous étions même à + 36 %. Au firmament, quoi ! Ca allait tellement bien que nous avions décidé d’investir pour doubler la capacité de l’atelier de production, pour une mise en œuvre en novembre 2020. En février, on grossissait tellement vite qu’on s’inquiétait plutôt de savoir comment nous allions pouvoir continuer de servir nos clients. Le premier confinement nous a stupéfait, comme tout le monde, mais en même temps, on l’a accueilli avec un peu de soulagement. On allait continuer de produire et en profiter pour faire des stocks. On a fait ensuite un superbe été. Le deuxième confinement en revanche a été un coup de semonce : on est resté avec notre stock sur les bras, notre chiffre d’affaires a plongé de 70 à 80 %.

Et alors, quelle a été votre réaction ?

On ne s’est pas apitoyé sur notre sort. Si 80 % de la RHD était à l’arrêt, ça signifiait que 20 % ne l’était pas. Les hôtels, par exemple, ne pouvaient plus proposer de buffet mais pouvaient continuer le room-service ; nous avons donc développé pour eux une gamme de mini-crêpes emballées par 4, et de pancakes par 2. Ca n’est pas aussi écologique que nous le souhaiterions, nous qui sommes très engagés -nous avons un responsable RSE, ce qui est assez rare pour une PME, nous sommes labellisés RSE etc.-, mais nous devions réagir.
Deuxième circuit de distribution ouvert, la boulangerie et les coffee-shops, dans lesquels les consommateurs viennent chercher du snacking, pizzas, sandwichs, salades, mais où l’on trouve peu d’innovation. Nous avons travaillé pendant 6 mois pour sortir Pakata, une espèce de crêpe au pliage particulier, et pour lequel nous préconisons des recettes, à base de salade, de ceviche ou tendance plus asiatique. Ces crêpes sont conditionnées par 25 et toutes placées sur un papier alimentaire qui explique comment les plier, c’est très simple ; nous fournissons en prime un support inox pour que les cônes soient visibles en vitrine. Cette idée, je l’avais avant, la Covid a accéléré les choses. Après un test, concluant, à Rouen, dans deux boulangeries, nous allons commencer à commercialiser ce concept.
 

Vous dites que vous conseillez des recettes pour Pakata, comment les élaborez-vous ?

En octobre dernier, nous avons  embauché un conseiller culinaire, un franco-vietnamien, très ouvert sur le monde. 

Quid de vos emballages ?

Nous travaillons à limiter au maximum l’utilisation d’emballages à base de plastique. En parallèle, nous allons doter ces emballages de qr-codes. Ceux-ci vont permettre non seulement de supprimer le papier, mais aussi de donner des éléments sur les produits, les recettes etc. 

Encore d’autres idées d'adaptation dans l’air du temps ?

Devant la demande de plus en plus forte de produits français, locaux, nous lançons la première crêpe bio sucrée 100 % ingrédients français… C’était très compliqué de trouver du sucre bio français. 

Plus globalement, que conserverez-vous de cette période ?

On aime encore plus nos clients qu’avant. Si nous avons souffert, nous avons pu poursuivre une activité, eux étaient à l’arrêt, c’est pire ! Il va falloir que la cicatrisation se fasse. Nous avons envie d’être encore plus proches d’eux, plus à l’écoute aussi ; nous allons travailler à leur apporter plus de solutions, plus de recettes. 

Et sur le plan économique pour Le Monde des Crêpes ?

Il nous faut deux ans pour retrouver le niveau de 2019 : nous sommes à mi-parcours, optimistes et enthousiastes. 
Propos recueillis en juin 2021
 

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